Matelec. Le géant libanais de l’électricité
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Nº 3106 du vendredi 4 octobre 2019

Matelec. Le géant libanais de l’électricité

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    Matelec. Le géant libanais de l’électricité
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Matelec est l’une des rares industries libanaises à s’être taillée une place de choix dans un marché international ultra concurrentiel. Son CEO, Sami Soughayar nous explique la stratégie de développement du groupe.
 

Matelec a vu le jour en 1974. Quelles ont été les grandes étapes de votre développement?
Nous avons commencé avec une licence d’Alsthom France pour la fabrication de transformateurs de distribution destinés à satisfaire uniquement le marché local avec 1 200 m2 d’ateliers installés à Amchit et 35 employés. Nous avons démarré la production de cellules moyenne tension, de kiosques préfabriqués et tableaux basse tension en 1980, puis, en 1987, créé une division spécialisée dans les projets d’ensemble concernant les postes haute tension. Entre 1992 et 2006, nous avons pu implanter des usines de production en Jordanie, en Egypte, en France, en Arabie saoudite et en Algérie. Puis en 2007, nous avons inauguré notre première centrale de génération d’énergie au Sénégal.  Aujourd’hui, Matelec rassemble quelque 1 500 personnes implantées industriellement dans 6 pays et opérant dans 36 pays. Au Liban, 600 personnes travaillent dans nos ateliers de 50 000 m2. Nous avons beaucoup investi dans les ressources humaines et étendu notre activité dans les tableaux industriels moyenne tension et de contrôle commande, les transformateurs de puissance jusqu’à 125 MVA, des projets d’infrastructure «clé en main», comme les sous-stations électriques jusqu’à 400 kV et les centrales électriques pour la production d’énergie que nous réalisons essentiellement en Afrique et au Moyen-Orient.

En quoi consiste votre stratégie d’expansion sur le continent africain, vous qui êtes déjà bien implantés au Sénégal?
Nous profitons de notre faculté d’adaptation en tant que Libanais pour nous intégrer dans différents environnements pour bien servir nos clients et participer au développement industriel des pays émergents. Ainsi, nous avons tissé des relations de confiance comme au Sénégal où nous procédons à la construction de notre troisième centrale électrique, celle de Malicounda. Nous sommes fiers de représenter plus de 55% du parc de production de ce pays et d’avoir participé à assurer la fourniture de l’électricité 24h/24. Plusieurs pays africains sont sous-électrifiés: notre panoplie de produits de qualité, nos capacités d’ingénierie ainsi que la possibilité de nous mobiliser rapidement et d’exécuter les projets à temps, nous donnent un avantage majeur. Nous ciblons les marchés qui sont plus sensibles à la qualité des produits et à l’exécution correcte des projets que ceux qui ne sont sensibles qu’aux prix.

En 2017, 40% de votre chiffre d’affaires a été généré au Liban, contre 10% les autres années. Comment expliquez-vous ce décalage? Souhaitez-vous investir plus sur le territoire national?
Bien sûr, nous souhaitons accroître notre activité sur le marché local en participant plus activement au développement du secteur électrique et, en particulier, dans les projets d’infrastructures des centrales électriques que nous réalisons avec succès depuis plus de 15 ans en Afrique avec la participation de la Banque mondiale et de l’IFC. Notre politique est d’investir davantage dans les ressources humaines pour accroître nos compétences et notre savoir-faire. C’est notre principal atout.
 
Quels sont les atouts et les freins à votre développement au Liban, en tant qu’industriel?  
Nous subissons, comme tous les acteurs de l’économie libanaise, le problème des très hauts taux d’intérêts par rapport à ceux de nos concurrents internationaux, ce qui nous défavorise considérablement, tout comme les entraves administratives et le manque d’encouragement effectif de la part des autorités libanaises à l’industrie et aux compétences nationales.

Jenny Saleh
 

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Éditorial
Tout n’est pas perdu

L’exploitation à des fins politiques des difficultés économiques et du malaise social actuels est malvenu autant que les arguments avancés par les gens au pouvoir pour se dédouaner, justifier leur incurie et leur incapacité à faire face aux défis, en se barricadant derrière l’héritage du passé. Certes, l’héritage est lourd, difficile à gérer, mais le pouvoir est continuité et les dirigeants d’aujourd’hui ne peuvent pas rejeter sur ceux d’hier la responsabilité de ce qui nous arrive.Nous payons aujourd’hui le prix des choix économiques erronés et des politiques financières impertinentes qui ont occasionné d’immenses dommages, qui, nous en sommes convaincus, ne sont pas irréparables. Ces choix se résument à la politique d’endettement justifiée au sortir de la guerre par les besoins de la reconstruction d’un pays dévasté par une folie meurtrière qui a duré 15 années. Des dizaines de milliards de dollars ont été dépensés pour, soi-disant, financer de nouvelles infrastructures et la remise à niveau des anciennes. En réalité, une infime partie de ces fonds est allée à ce à quoi ils étaient destinés et le reste a fini dans les poches de la classe dirigeante. Combien de Premiers ministres, aux moyens modestes, ne sont-ils pas devenus des tycoons? Combien de ministres ne se sont-ils pas transformés en banquiers ou de députés en entrepreneurs et en hommes d’affaires? L’argent est allé enrichir une nouvelle classe politique de basse extraction morale, parasitaire et sans scrupules, qui a pillé le pays pendant un quart de siècle. L’endettement s’est poursuivi outrancièrement, non plus pour financer la réhabilitation de l’infrastructure, mais pour payer le service de la dette. Le pays s’est alors installé au fil des ans dans un cercle vicieux qui aurait dû le précipiter dans l’abîme depuis des années, mais la catastrophe a été évitée en raison de la conjoncture internationale, entre 2008 et 2010, qui a permis au Liban d’attirer des dizaines de milliards de dollars qui fuyaient les économies occidentales meurtries par la crise mondiale.Au lieu de mettre à profit ce sursis providentiel, la classe politique corrompue a poursuivi son pillage systématique des ressources de l’Etat, jusqu’à ce que nous arrivions au point où nous en sommes aujourd’hui.Tout n’est perdu. Mais l’heure n’est plus aux mesquineries et aux règlements de compte. Il faut repenser tout le modèle économique, jeter aux oubliettes la mentalité rentière et revenir au cycle de la production. Il faut impérativement réduire la facture des importations qui s’élève à 16 milliards de dollars par an, une somme injustifiée pour une population de 4,5 millions d’habitants. Il faut la réduire de plusieurs milliards de dollars, pour ne plus dépendre autant des humeurs du billet vert et des pressions de son géniteur. Pour cela, les Libanais ont un rôle à jouer. Ils doivent reprendre confiance dans leurs capacités à créer et à fabriquer des produits à valeur ajoutée. Ils doivent consommer libanais. C’est dans cet esprit que Magazine a consacré son dossier de couverture, ce mois-ci, à l’industrie libanaise dans toutes ses déclinaisons. En achetant libanais, nous réduisons la facture des importations et, par conséquent, le déficit de la balance des paiements. Mais pas seulement. Nous boostons la production locale, ce qui poussera les industriels à créer des emplois, et qui conduira, forcément, à la relance de la consommation. En achetant un produit libanais, chacun d’entre nous, à son niveau, contribue à l’apparition d’une dynamique vertueuse, seule capable de briser le cercle vicieux dans lequel ceux qui nous gouvernent ont plongé notre pays. ●


 Paul Khalifeh
   

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