L’entretien d’un potager
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Nº 3106 du vendredi 4 octobre 2019

L’entretien d’un potager

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    L’entretien d’un potager
    S’engager dans le secteur agricole revient à dire se soumettre au caractère ingrat du métier. Du moins, au Liban. Nombre de citoyens s’adonnent à cette pratique, que ce soit par...
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S’engager dans le secteur agricole revient à dire se soumettre au caractère ingrat du métier. Du moins, au Liban. Nombre de citoyens s’adonnent à cette pratique, que ce soit par profession, par vocation ou tout simplement pour le plaisir que ça leur procure. Marc Beyrouthy, conseiller du ministre de l’environnement et propriétaire de Nature by Marc Beyrouthy a répondu aux questions de Magazine relatifs à la création et l’entretien d’un jardin portager. Herbes aromatiques, légumes, arbres fruitiers… cultiver soit-même à un coût, même si les «petits» potagers sont généralement destinés à la consommation personnelle. Dans la plupart des cas, ces jardins sont entretenus par leur(s) propriétaire(s), il n’en demeure pas moins que des dépenses s’imposent. Quelles sont-elles ?

La préparation du sol
Si ce dernier est riche en matières organiques, en azote, en phosphore et en potassium, aucun problème ne se pose. Dans le cas contraire, il est impératif de le «garnir» d’engrais qui peuvent vite coûter très chers (dépendamment de leur qualité):
● Le fumier (mélange de litières et d’excréments d’animaux d’élevage, utilisé comme engrais) est économique: le sac coûte environ 5 000 L.L. Toutefois, avec cette option, on risque de faire subir aux plantations des maladies ou de se retrouver avec des herbes qu’on n’avait pas l’intention de planter.
● Les engrais organiques traités: ils sont importés et le prix de chaque sac peut varier entre 6 et 12$.
● Les engrais chimiques: lorsque le sol est extrêmement pauvre, il est nécessaire d’ajouter au sol des engrais chimiques, au moins 2 à 3 fois par an. Le sac de 25 kg vaut entre 15 et 40$, selon la qualité du produit.

L’achat des plantes. Leur prix dépend de «l’âge» et de la qualité:
● Plantes qui ont déjà poussé: 50 L.L.
● Graines à planter: entre 250 L.L. et
10 000 L.L.
Il faut distinguer entre :
● Les plantes de saison: celles-ci poussent après 60 ou 100 jours mais, une fois récoltées, n’ont plus aucune utilité.
● Les plantes «pérennes», comme les artichauts ou l’origan qui, elles, peuvent vivre jusqu’à 7 ou 8 ans.

Les pesticides
Afin d’éviter les attaques d’insectes et les maladies fongiques, il faut traiter de temps en temps, les plantes. Le sac ou l’ampoule de pesticide coûte entre 10 et 40$, mais, étant donné qu’il s’agit de petites surfaces, les dépenses ne sont pas énormes.

Cultiver de grandes surfaces
«L’agriculture dans le monde, notamment au Liban, ne rapporte pas d’argent», explique M. Beyrouthy. A savoir qu’au Liban, on calcule par «donom» (1 «donom» équivaut à 1 000 m2) ou par  hectare  (1 ha équivaut à 10 000 m2). «Si j’ai planté du blé sur une superficie d’1 donom, le bénéfice net (après la vente, le paiement des salaires des ouvriers, les dépenses d’entretien et de jardinage) est de l’ordre de 200$ par an par donom. Le raisin, quant à lui, rapporte, en net, 1 000$ par an par donom, contre 4 000 à 5 000$ par an par donom pour les avocats», déclare M. Beyrouthy. Cependant, l’avocatier tarde à «donner ses fruits». Il faut compter 5 à 7 ans avant de voir les premiers avocats apparaître. Quelles dépenses prévoir? Pour les avocatiers, il faut compter 1000 $ par donom par an (entre préparation du sol, engrais, pesticides, irrigation, main d’œuvre, électricité…). D’autre part, le prix de l’entretien d’un terrain de pommiers varie entre 2 000 et 6 000$ par an (selon les techniques utilisées, l’irrigation, …).

Entretenir un jardin ornemental
Les jardins à visée purement «décorative» sont onéreux.
● La pelouse: le prix est fixé par m2. Si l’on opte pour des graines, le m2 vaut 4$ (tout compris – installation, transport, engrais, ouvriers, etc.). Si, au contraire, on choisit de la planter par «tapis», il faut prévoir 10$ par m2 (tout compris).
● L’irrigation: on compte 10$ par m2 d’irrigation. Si par exemple le jardin dispose d’une superficie de 1 000 m2, le système d’irrigation coûtera dans les 10 000$. 
● Les arbres, les plantes et les fleurs: le prix par m2 varie varie de 4$ à 1 000$. «Le romarin ou l’origan coûte environ 1$ contre 5 000 $ pour un petit cèdre et 10 000 $ pour un grand cèdre», confie M. Beyrouthy.
● Coûts de l’entretien: la maintenance annuelle équivaut à 20% du prix total du jardin. A savoir qu’un ouvrier agricole réclame généralement un salaire de 600$ par mois, que le recours à un ingénieur agricole est souvent impératif (pour 1 000 m2, 500$ la visite et les travaux), que l’utilisation d’engrais est essentielle, surtout pour la pelouse, etc.

Astuces pour économiser
Le gouvernement libanais a mis à la disposition des agriculteurs l’Institut LARI (Institut libanais de recherche pour l’agriculture). Ce dernier assure maints services dont celui de l’examen du sol. Avant d’entreprendre toute initiative et afin d’éviter tous genres de problèmes, il est important de tester le sol: est-il riche en engrais? Quelles plantes peut-on ou ne peut-on pas planter? Le test effectué au LARI coûte 46 000 L.L. alors qu’ailleurs, sa valeur est de 150$.
M. Beyrouthy conseille à chaque personne de demander l’avis d’experts avant de se lancer. Il recommande également de lire les GAP (Good Agricultural Practices) avant de se mettre au travail. Par exemple, savoir qu’il faut toujours désinfecter le sécateur après avoir coupé les branchages d’un arbre ou d’une plante «malade», entre autres choses.
Vous trouverez ces GAP sur le site suivant: http://www.fao.org/3/a-i6677e.pdf 

Natasha Metni Torbey
 

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Éditorial
Tout n’est pas perdu

L’exploitation à des fins politiques des difficultés économiques et du malaise social actuels est malvenu autant que les arguments avancés par les gens au pouvoir pour se dédouaner, justifier leur incurie et leur incapacité à faire face aux défis, en se barricadant derrière l’héritage du passé. Certes, l’héritage est lourd, difficile à gérer, mais le pouvoir est continuité et les dirigeants d’aujourd’hui ne peuvent pas rejeter sur ceux d’hier la responsabilité de ce qui nous arrive.Nous payons aujourd’hui le prix des choix économiques erronés et des politiques financières impertinentes qui ont occasionné d’immenses dommages, qui, nous en sommes convaincus, ne sont pas irréparables. Ces choix se résument à la politique d’endettement justifiée au sortir de la guerre par les besoins de la reconstruction d’un pays dévasté par une folie meurtrière qui a duré 15 années. Des dizaines de milliards de dollars ont été dépensés pour, soi-disant, financer de nouvelles infrastructures et la remise à niveau des anciennes. En réalité, une infime partie de ces fonds est allée à ce à quoi ils étaient destinés et le reste a fini dans les poches de la classe dirigeante. Combien de Premiers ministres, aux moyens modestes, ne sont-ils pas devenus des tycoons? Combien de ministres ne se sont-ils pas transformés en banquiers ou de députés en entrepreneurs et en hommes d’affaires? L’argent est allé enrichir une nouvelle classe politique de basse extraction morale, parasitaire et sans scrupules, qui a pillé le pays pendant un quart de siècle. L’endettement s’est poursuivi outrancièrement, non plus pour financer la réhabilitation de l’infrastructure, mais pour payer le service de la dette. Le pays s’est alors installé au fil des ans dans un cercle vicieux qui aurait dû le précipiter dans l’abîme depuis des années, mais la catastrophe a été évitée en raison de la conjoncture internationale, entre 2008 et 2010, qui a permis au Liban d’attirer des dizaines de milliards de dollars qui fuyaient les économies occidentales meurtries par la crise mondiale.Au lieu de mettre à profit ce sursis providentiel, la classe politique corrompue a poursuivi son pillage systématique des ressources de l’Etat, jusqu’à ce que nous arrivions au point où nous en sommes aujourd’hui.Tout n’est perdu. Mais l’heure n’est plus aux mesquineries et aux règlements de compte. Il faut repenser tout le modèle économique, jeter aux oubliettes la mentalité rentière et revenir au cycle de la production. Il faut impérativement réduire la facture des importations qui s’élève à 16 milliards de dollars par an, une somme injustifiée pour une population de 4,5 millions d’habitants. Il faut la réduire de plusieurs milliards de dollars, pour ne plus dépendre autant des humeurs du billet vert et des pressions de son géniteur. Pour cela, les Libanais ont un rôle à jouer. Ils doivent reprendre confiance dans leurs capacités à créer et à fabriquer des produits à valeur ajoutée. Ils doivent consommer libanais. C’est dans cet esprit que Magazine a consacré son dossier de couverture, ce mois-ci, à l’industrie libanaise dans toutes ses déclinaisons. En achetant libanais, nous réduisons la facture des importations et, par conséquent, le déficit de la balance des paiements. Mais pas seulement. Nous boostons la production locale, ce qui poussera les industriels à créer des emplois, et qui conduira, forcément, à la relance de la consommation. En achetant un produit libanais, chacun d’entre nous, à son niveau, contribue à l’apparition d’une dynamique vertueuse, seule capable de briser le cercle vicieux dans lequel ceux qui nous gouvernent ont plongé notre pays. ●


 Paul Khalifeh
   

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