Neemat Frem. Le système est en fin de course
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Nº 3107 du vendredi 1er novembre 2019

Neemat Frem. Le système est en fin de course

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    Le député du Kesrouan, qui a démissionné du Bloc du Liban fort, plaide pour la mise en place rapide d’un plan quinquennal pour sauver l’économie du pays. Il avertit que...
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Le député du Kesrouan, qui a démissionné du Bloc du Liban fort, plaide pour la mise en place rapide d’un plan quinquennal pour sauver l’économie du pays. Il avertit que si ce plan ne fonctionne pas, le pays pourrait succomber au «fédéralisme» ou au «confédéralisme».

Malmené par les manifestants de Zouk Mosbeh quand il a voulu les assurer de son soutien le 24 octobre, le député Neemat Frem s’est depuis retiré du Bloc du Liban fort. Celui qui est aussi président de la Commission parlementaire à l’Economie, au Commerce, à l’Industrie et au Plan, souhaite mettre sur la table une proposition de loi portant sur un plan quinquennal. Une stratégie qui permettrait, selon lui, de parvenir sans casse, au bout de cinq ans à l’objectif du zéro déficit dans le budget.
Témoignant de l’urgence de la situation de crise que traverse le pays, Neemat Frem avertit que «si un tel objectif n’est pas applicable, c’est la fin du système». «Cela signifierait qu’il faut tout changer parce que le système ne fonctionne plus, et entrer dans une nouvelle donne, peut-être une fédération, ou un Liban confédéral», lançait-il, lors d’une interview accordée à Magazine le matin du 17 octobre, soit avant le début du soulèvement populaire. «Je crois et j’ai peur que le mal qui nous ronge au Liban au niveau du système, a fait que nous n’arrivons plus à prendre des décisions nationales et apolitiques. C’est un mal que l’on retrouve aussi en Syrie comme en Irak, ce qui signifie que nous sommes en fin de course d’un système et cela va changer toute la région», poursuivait-il. Peut-on encore sauver le système libanais? Eviter l’effondrement économique? Le député ne mâche pas ses mots: «c’est la mission de la dernière chance». «La raison d’être des politiciens, c’est la création de valeurs, l’objectif de la construction de la communauté, c’est la sécurité et l’évolution du niveau de vie des citoyens.» «Et quand on voit que le déficit représente 30 ou 40% du budget et que l’on a besoin de s’endetter encore de 30% chaque année, cela veut dire que le système est fini, c’est pour cela qu’il est primordial de parvenir à cet objectif du zéro déficit», conclut-il.

Un plan stratégique
Pour cela, le député explique point par point le plan élaboré par la Commission qu’il préside. Un plan «stratégique quinquennal réalisable avec une vision à long terme» qu’il espère voir aboutir au Parlement. «Une fois que l’Etat libanais a un plan quinquennal avec un objectif de zéro déficit, rien que ça, ça peut convaincre la communauté internationale et nationale de pouvoir s’endetter à 7% et pas à 18%», souligne-t-il. Ce plan, a priori soutenu par Baabda, propose trois axes. Le premier établit des mesures récurrentes de réduction du déficit avec l’augmentation des revenus perçus par l’Etat et la baisse des dépenses. Il se décline en 18 points répartis sur 5 ans de 2019 à 2023, précise Neemat Frem. Le deuxième axe mise sur la valorisation des biens de l’Etat, via des privatisations, des BOT, des contrats de managements. Il serait marqué pour chacune des cinq années par un grand projet, comme par exemple l’établissement d’une troisième compagnie de télécoms, un projet alliant port et réseau ferroviaire pour le transport de marchandises, l’aéroport de Beyrouth et la mise en route d’une deuxième plateforme aérienne René Moawad, l’électricité…  Des initiatives susceptibles de créer des rentrées supplémentaires pour l’Etat. Enfin, le troisième axe proposé par le plan de la Commission englobe des mesures pour stimuler la croissance économique. «Cela fait partie du rapport McKinsey», précise le député.

Jenny Saleh
 

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Éditorial
La bête blessée reste dangereuse

Les pontes du système doivent trembler dans leurs fauteuils. Excédés par des décennies d’humiliation, qui a culminé avec une crise économique et financière sans précédent, les Libanais ont poussé un tonitruant cri de colère. Ça suffit!Le peuple libanais mérite mieux que cette classe parasitaire qui s’est enrichie d’une manière éhontée en pillant les biens de l’Etat et les ressources du pays. Une caste d’irresponsables et d’incapables qui ont mené le pays à sa ruine; une clique de corrompus qui éprouvent un tel mépris pour le peuple qu’ils étaient persuadés qu’ils pouvaient impunément continuer leurs pires excès sans que personne ne leur demande jamais de comptes; une bande de mafieux, qui ont détourné des dizaines de milliards de dollars empruntés à des taux improbables pour financer leurs palais, les mariages somptueux de leurs enfants, et autres indécences, au lieu de reconstruire une infrastructure détruite par leur interminable guerre, lorsque certains étaient miliciens et d’autres financiers de milices.En redistribuant une infime partie de ce qu’ils pillaient pour entretenir une clientèle plus ou moins importante, ils ont réussi à se régénérer, d’une campagne électorale à l’autre, en pensant pouvoir se reproduire à l’infini, rassurés que les murs du confessionnalisme qu’ils se gardaient bien d’abattre, empêcheront les Libanais de s’entendre, un jour, sur une cause unique. Mais ce système bien verrouillé a fini par rendre l’âme parce qu’il n’y avait plus rien à piller. Cupides, avares et mesquins, ils n’ont pas eu assez de courage ni d’intelligence pour puiser quelques miettes dans les fortunes colossales qu’ils ont amassées pour continuer à entretenir leur clientèle, si bien qu’une bonne partie de leur base, qui a sombré dans une grande pauvreté ou un désespoir extrême, s’est retournée contre eux.La révolte des Libanais est spontanée et authentique. Mais pour réussir à arracher au pouvoir des concessions durables et sérieuses, ils doivent rester focalisés sur la question sociale et économique qui transcende les communautés. Ceux qui essaient de les entraîner sur le terrain politique espèrent dissiper leur énergie et diviser leurs rangs. Chacun souhaite pour lui-même, pour ses enfants et pour ceux qu’il aime une meilleure justice sociale, davantage d’opportunités d’emploi, un avenir plus sûr. Mais lorsque des questions d’ordre politique sont abordées, il y aura autant d’avis qu’il y a de manifestants dans la rue. C’est là un piège dans lequel la classe politique veut précipiter le mouvement de contestation dans l’espoir de le torpiller.   Même blessée, surtout blessée, la classe politique reste très dangereuse. Comme elle a pillé l’Etat, elle n’hésitera pas à précipiter le pays dans les pires abîmes pour conserver ses privilèges. Il faut rester vigilant.


 Paul Khalifeh
   

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