Les négociations tournent en rond. Pas d’élections en juin
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Nº 2881 du vendredi 25 janvier 2013

Les négociations tournent en rond. Pas d’élections en juin

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    Les négociations tournent en rond. Pas d’élections en juin
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accorder un droit de veto qui enterre de facto toutes les...
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Les négociations tournent en rond mais le temps presse. Le Courant du futur, opposé à la proportionnelle, s’est vu 
accorder un droit de veto qui enterre de facto toutes les alternatives proposées jusqu’à présent. Or, les chrétiens refusent la loi aujourd’hui en vigueur et les délais 
constitutionnels se rapprochent dangereusement, ouvrant la voie à un ajournement du scrutin qui poserait de nouvelles questions.
 

Mardi, Marwan Charbel a été on ne peut plus clair. «Si aucune nouvelle loi électorale n’est adoptée avant fin février, le report des élections pour des raisons techniques deviendra une obligation». Un report qui pourrait être, selon lui, «de trois à cinq mois». Il reste donc une trentaine de jours mais l’horizon semble totalement bloqué. Cela fait plusieurs mois que le ministre de l’Intérieur, en charge de l’organisation des élections, tire la sonnette d’alarme. Mais le discours a visiblement changé. Le 4 décembre dernier, il expliquait que son ministère maintiendrait la loi en vigueur en l’absence d’accord. Dans les couloirs de Baabda, où l’on rappelle que le président Michel Sleiman a clairement exprimé son refus de signer un décret prorogeant le Parlement actuel, d’aucuns expliquent que la majorité et l’opposition poussent les autorités à obtenir un sursis diplomatique. Les signaux les plus clairs sur la tenue des élections à la date prévue viennent des chancelleries étrangères et internationales. Ces derniers jours, le coordinateur des Nations unies au Liban Derek Plumbly, les autorités saoudiennes auprès du Premier ministre, Najib Mikati, et l’ambassadeur de France, Patrice Paoli, se sont exprimés en ce sens. Mais les palabres du moment ne laissent présager d’aucune évolution notable.
 

Les positions figées
Le déjeuner qui a réuni, vendredi dernier à Aïn el-Tiné, Nabih Berry et Fouad Siniora aura permis de clarifier la complexité de la situation. C’est décidé, le président du Parlement ne soumettra pas la proposition de la Rencontre orthodoxe en séance plénière. D’abord, parce que sans l’aval de Hariri et de Joumblatt, une majorité même composée des chrétiens et du Hezbollah ne peut faire l’affaire. Le consensus communautaire l’a emporté. Ensuite, parce que l’idée d’une loi électorale hybride, respectant les désidératas de l’ensemble des partis, semblait prometteuse. Mais au sein de la sous-Commission, ce maigre espoir aura vite été douché.
En début de semaine, la proposition orthodoxe a donc été définitivement enterrée. Ahmad Fatfat a expliqué que «la loi électorale ne pouvait pas être adoptée à une majorité de 65 voix». Le député du Courant du futur a ensuite réitéré son opposition tranchée à la proportionnelle et, donc, à l’idée du projet du gouvernement qui prévoit 13 grandes circonscriptions sur cette base, exprimant l’attachement de son parti au «développement du mode de scrutin majoritaire». En clair, le Moustaqbal sunnite et le PSP druze en deuxième rideau, campent sur leurs positions. Chaque camp refuse que son adversaire impose une loi qui lui conviendrait. La polémique a repris ses canons classiques. Le député du Hezbollah, Ali Fayad (voir encadré), s’en est pris à «ceux qui attaquent la proportionnelle sans interruption par crainte de voir leur véritable envergure politique dévoilée au grand public». De l’autre côté, le Courant du futur brandit le spectre de la loi des armes du Parti de Dieu.

 

A qui la responsabilité du report?
Côté chrétien, on est comme désabusé. Sami Gemayel, pour les Kataëb, estime que tout projet de loi qui garantirait une avancée de l’un des camps rivaux du 8 ou du 14 mars serait difficile à adopter. Le député du Courant patriotique libre, Alain Aoun, se montre extrêmement pessimiste. «Il est inconcevable que les discussions traînent plus longtemps. Des différends importants persistent». Comme pour ajouter de l’ironie au débat, Nabih Berry s’est dit favorable à la mise en place d’un Sénat et à l’élection des sénateurs conformément au projet de loi de la Rencontre orthodoxe.
Parmi les projets mis sur la table, la circonscription uninominale, le «one man, one vote» et le projet des chrétiens du 14 mars. Pour l’originalité, on retiendra la proposition de loi présentée par le député Michel Pharaon (voir encadré). Bref, les discussions se poursuivent et bien qu’elles tournent à vide, elles ont le mérite de laisser la possibilité d’une solution dans le temps.
Car il demeure inconcevable que la loi actuellement en vigueur serve de cadre aux prochaines élections. Mardi, même le Courant du futur a indiqué refuser «la loi de 1960 car cette proposition augmente les tensions interconfessionnelles et viole la Constitution». Après les mises en garde de Bkerké à cet effet, et dans son sillage les partis politiques chrétiens, une prorogation de la loi semble définitivement exclue.
Le cadre du CPL, Ramzy Kanj, a clairement affirmé cette semaine: «Si la loi de 1960 devait entrer en vigueur, il faudra que soit décidé un report des élections». C’est dans cette perspective que devrait évoluer le débat. Depuis quelques mois, le leader du CPL, Michel Aoun, ne cesse d’accuser le Courant du futur d’éterniser les discussions pour contraindre la classe politique à préserver la loi de 1960 qui lui convient. En réponse, la Rencontre de Hazmié, qui réunit sous l’égide de Boutros Harb les députés indépendants du 14 mars, a mis en garde l’opinion publique contre «les tentatives visant à reporter ou annuler les élections».
Alors que la messe n’est pas dite, les deux camps ont repris leurs accusations mutuelles contre le report de ces élections. Le Hezbollah et ses alliés imputent à l’opposition la volonté de préserver ses bénéfices électoraux, et le 14 mars accuse le Hezbollah de vouloir faire basculer en sa faveur les équilibres politiques. Dans cette optique, deux options et une seule solution possible. Soit l’un des deux camps obtient gain de cause et les élections sont reportées, soit elles sont reportées pour permettre l’émergence d’un consensus concocté par Nabih Berry.      
Les échappatoires du statu quo
Mercredi, le député du PSP Akram Chéhayeb a, à sa manière, étayé cette éventualité: «Lorsque les négociations sur la base de la proposition orthodoxe seront terminées, les négociations pourront véritablement commencer». En d’autres termes, le vrai débat, celui qui au final aboutira, n’a pas encore débuté. La greffe qu’ont tenté d’imposer les chrétiens n’a pas abouti. S’ouvre donc une nouvelle phase de discussions plus politiques. Antagonisme entre le Futur et le Hezbollah, les chrétiens de l’opposition qui martèlent désormais la primauté de leur alliance avec le parti de Hariri, en se contentant désormais de réclamer une loi électorale juste et représentative, on en revient à un schéma classique.
Walid Joumblat aura donc à nouveau son mot à dire. Pour préserver une certaine neutralité, et plus précisément pour ne pas froisser ses partenaires du Hezbollah, le leader druze n’a pas intérêt à manier l’épée de Damoclès. En substance, sans doute ne veut-il pas entrer dans le jeu supposé du Courant du futur qui veut contraindre le Parti de Dieu et ses alliés à imposer son calendrier. Certes, il s’oppose fondamentalement à la proportionnelle que proposent ces derniers mais il tient à ce que les négociations se poursuivent, quitte à modifier le calendrier.
Nabih Berry partage certainement une partie de cette position. Il a clairement fait comprendre que la nouvelle loi électorale ne passera pas sans l’accord de l’ensemble des composantes du tissu politique du pays. Plus que le Hezbollah, qui s’est fermement lié sur cette question avec le CPL, Nabih Berry s’est donné pour mission de satisfaire tout son monde.
Les solutions hybrides du type de la proposition de la commission Boutros, qui pourraient satisfaire les chrétiens, le Parti socialiste progressiste et le Courant du futur, ne sont donc pas encore enterrées. De ce fait, si la date limite de la fin février, fixée par les services du ministère de l’Intérieur pour un scrutin organisé le 9 juin prochain devait couper court aux discussions, les impératifs politiques internes pourraient contraindre les responsables à repousser la date des législatives.
Qu’il soit d’ordre «technique», comme le qualifie Marwan Charbel, ou politique; si rien ne bouge, le report deviendra une nécessité.

Julien Abi Ramia
 



Le Hezbollah, défenseur des chrétiens?
Le représentant du Hezbollah au sein de la sous-Commission, Ali Fayad, a vivement 
critiqué le projet présenté par les chrétiens du 14 mars. «Qu’ils nous expliquent comment ils vont améliorer la représentation des 
électeurs chrétiens avec le projet des 50 circonscriptions au système majoritaire... Cela leur permet-il de respecter la parité à laquelle ils sont attachés, qui devrait 
permettre aux chrétiens d’élire 64 députés? Evidemment pas. Ce projet ne permettra aux chrétiens d’élire que 14 députés avec des voix chrétiennes pures. Les autres circonscriptions resteront otages des blocs islamiques en raison du dualisme qui existe en milieu chrétien».


 



Ni Elie Ferzli ni Rustom Ghazalé
Waël Kheir est le père du projet orthodoxe

 

La proposition de loi, présentée par la Rencontre orthodoxe, n’a pas été enfantée par l’ancien député Elie Ferzli, encore moins par les cadres du 8 mars ou par Rustom Ghazalé. En réalité, elle a été remise au goût du jour par un professeur d’université, militant des droits de l’homme, Waël Kheir.


Waël Kheir n’a rien d’un politicien rompu à la castagne. Il n’a aucun fief à défendre, aucune campagne à mener, aucun électeur à séduire. Cet homme trapu et jovial, à la moustache bien fournie, a un parcours reconnu par l’ensemble du tissu associatif du pays. Oui, ce professeur à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) est un militant, mais un militant des droits de l’homme. Une façon de brandir le flambeau de son oncle Charles Malek, un des rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il dirige la très active Fondation des droits de l’homme et du droit humanitaire (FDHDH). Le champ d’action de la fondation se veut très large. Elle est active sur le front des détenus libanais en Syrie, sur celui de la liberté des journalistes et sur celui de l’état déplorable des prisons libanaises, autant de sujets qui défient les droits de l’homme. C’est cet homme qui a pensé et rédigé la proposition de loi promue par la Rencontre orthodoxe.
Lorsqu’on évoque le débat autour de sa proposition, il sourit. D’abord pour souligner de manière sarcastique les épithètes qui lui ont été adossées par ses détracteurs. Qualifier son projet de «loi Rustom Ghazalé», lui qui a goûté aux geôles de la tutelle syrienne, est un peu fort de café. Ensuite pour regretter qu’elle ait été détournée de son objet. Waël Kheir rappelle qu’il a présenté ce projet, il y a plus de sept ans, lorsqu’il œuvrait au sein du Rassemblement libanais orthodoxe (RLO). Il a même été remis par l’avocat Lutfallah Khlat sur la table de la commission de Fouad Boutros en 2007. C’est à la faveur de la recomposition et de l’élargissement du RLO, devenu Rencontre orthodoxe, que le projet a été remis au goût du jour. Pour Waël Kheir, «ceux qui tentent d’enterrer le projet ne veulent pas d’une présence chrétienne juste. Ils veulent qu’ils restent contrôlables». Il n’en dira pas plus, afin de ne pas entrer dans la polémique politicienne, mais il n’en pense pas moins. «Ce projet assure trois notions essentielles: la stabilité politique, la juste représentativité et le devoir de responsabilité».
En fait, l’idée que chaque communauté puisse élire ses représentants est une vieille antienne, notamment reprise en 1992 par l’ex-député Edmond Naïm qui l’a, en son temps, présentée au patriarche Nasrallah Sfeir. Mais Waël Kheir, qui a entendu les accusations de fédéralisme, voire de tribalisme, puise l’essence de son projet encore plus loin. Il rappelle qu’«après les déplacements de population pendant la guerre civile et l’occupation syrienne, les chrétiens ont été les principales victimes de la nouvelle configuration démographique et politique du pays».
S’agissant du communautarisme, Waël Kheir renvoie à deux questions. «Le projet laïque proposé par le parti Baas en Syrie et en Irak a-t-il mis fin, dans ces pays, au système communautaire? Si le peuple répond de manière positive à ce système, faut-il s’en débarrasser?». Simplifiée ainsi, la thèse première de l’activiste est légitime. Tant que le système communautaire est accepté, autant lui donner toute sa place. Une thèse unanimement partagée par les membres de la Rencontre orthodoxe. Aux critiques du système communautaire, tel qu’il est régi aujourd’hui, ne laissant aux chrétiens qu’un quota numérique de façade dans l’administration notamment, ils ajoutent leur refus catégorique de la loi de 1960 qui n’assure pas une juste représentativité politique de la communauté.
Waël Kheir déplore de voir sa proposition, étayée par une lecture assez fine de l’Histoire et de la société libanaise, sacrifiée sur l’autel des épiceries électorales. Il aura, au moins, réussi à ouvrir un débat plus profond qui, d’une manière ou d’une autre, reviendra sur le tapis.

Julien Abi Ramia

 

En phase avec l’Histoire
Waël Kheir explique que son projet reprend le modèle de la Moutassarafiah et les canons de la gouvernance politique du mandataire 
français, dont on a gardé les principes 
communautaires, depuis l’indépendance du pays, principes dénaturés par les accords de Taëf. «Au début du XXe siècle, il était préconisé que les membres d’une communauté 
puissent élire, sans interférence, leurs 
représentants, toujours dans le souci de 
préserver la péréquation communautaire et ainsi, la paix civile, le tout dans le cadre d’un cadre laïque partagé».   

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Éditorial
Yaïr Lapid, le George Clooney israélien

Le paysage politique israélien est en perpétuelle recomposition. A chaque élection son parti, sa star du moment, qui occupe la scène le temps d’une parenthèse, avant d’être déchue, anéantie par un scandale sexuel, moral ou financier. Ces personnages entraînent  dans leur déchéance les partis qui les ont portés au pouvoir. Ce phénomène de recomposition-décomposition est une caractéristique des sociétés qui traversent une crise identitaire. En Israël, les contradictions sont nombreuses et profondes entre les ultrareligieux et les laïcs, les colons et le reste de la population, les sépharades et les ashkénazes, les russophones et les autres, les juifs et les Arabes, les partisans de la paix et les faucons, les riches et les pauvres. Cette mosaïque a, de tout temps, été cimentée par des «mythes fondateurs», qui n’ont plus le même effet rassembleur qu’auparavant chez les jeunes générations. D’où le besoin d’entretenir et d’alimenter le mythe de la forteresse assiégée. L’Iran fait aujourd’hui office d’ennemi absolu contre lequel il faut se défendre par tous les moyens pour échapper à l’anéantissement. Mais ce discours, qui participe des stratégies classiques de propagande (victimisation, diabolisation, causes essentialisantes etc.) n’est plus aussi porteur. Seuls 10% des Israéliens ont indiqué que leur vote avait été déterminé par l’enjeu iranien. Ce qui n’a pas empêché Benyamin Netanyahu de réaffirmer que la priorité de son prochain gouvernement sera d’empêcher l’émergence d’un Iran nucléaire. Les Israéliens sont plus préoccupés par les questions économiques et les défis sociaux, typiques d’une société à la recherche d’une confiance perdue. C’est sans doute cela qui a favorisé l’émergence dans le monde politique de Yaïr Lapid, «cet individu à la George Clooney», comme le décrit le Jérusalem Post dans un reportage, par opposition au détestable Avigdor Lieberman.   Journaliste et écrivain, ancienne star de la télévision, Yaïr Lapid et son parti Yesh Atid, s’imposent comme la deuxième force politique du pays, avec 19 sièges à la Knesset. Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’IRIS et spécialiste d’Israël, attribue l’irruption de cette formation centriste et laïque sur la scène politique à «un besoin énorme d’un renouvellement des courants politiques» et à une volonté de «sanctionner» la classe politique traditionnelle qui «a échoué à innover en matière économique et sociale». C’est sans doute une explication, mais il y en a une autre. Yaïr Lapid semble être un admirateur du président américain Barack Obama, dont la photo en compagnie de son père, le journaliste et homme politique Yossef Tommy Lapid, trône dans son appartement. Même le slogan de Yesh Atid, «Les choses peuvent changer», ressemble étrangement au célèbre «Yes we can» de Barack Obama, qui avait galvanisé la jeunesse américaine lors de la présidentielle de 2008. Au-delà des considérations israéliennes purement internes, l’irruption de Yaïr Lapid répond aussi à un besoin externe, celui d’avoir pour l’Administration américaine un interlocuteur, un partenaire, un allié, susceptible de freiner les pulsions bellicistes de Benyamin Netanyahu, qui ne cache pas sa volonté de vouloir entraîner les Etats-Unis dans une guerre contre l’Iran pour le compte de l’Etat hébreu. Une option qui ne figure pas sur l’agenda du second mandat de Barack Obama. Il l’a bien montré en nommant au Pentagone Chuck Hagel, un homme connu pour son opposition à l’option militaire contre Téhéran et son hostilité au lobby israélien à Washington. Le nouveau décor planté en Israël laisse deviner que le désamour entre Netanyahu et Obama est appelé à durer. Mais dans les querelles de couple, rien n’est jamais définitif.


 Paul Khalifeh
   

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Les vitamines et les minéraux présents naturellement dans notre alimentation sont essentiels au bon fonctionnement de notre organisme et ont…

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