Courant patriotique libre. La stratégie de l’ouverture
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Nº 2915 du vendredi 20 septembre 2013

Courant patriotique libre. La stratégie de l’ouverture

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Echaudé par les choix politiques de ses alliés au cours des trois derniers mois, le CPL s’emploie à renouer contact avec l’ensemble des forces du pays, sans rien changer à ses principes.

Dans une interview, le 25 août dernier dans le quotidien al-Liwa’, le député CPL de Baabda, Alain Aoun, annonçait que Michel Aoun était candidat à la présidence de la République. «Si l’alliance en faveur de la prorogation se poursuit entre le 14 mars et le 8 mars, le vide touchera la présidence. Nous avons été surpris par la position de nos alliés, en harmonie avec celle du 14 mars, pour les différentes échéances. Ils ont tous lié le destin du Liban au sort de la crise syrienne. Ces forces doivent éloigner le Liban de ce qui se déroule en Syrie. Voilà résumée, en quelques phrases, la nouvelle base de travail du CPL. A la prorogation du Parlement et à l’importation de la crise syrienne, Rabié veut opposer une alternative libanaise pur jus. Désormais, il y a le 8 mars, le 14 mars et le CPL, qui vend à l’opinion publique son particularisme, face au monde politique du pays et ses obédiences étrangères. Si le document d’entente avec le Hezbollah sacralise son positionnement sur la scène internationale, Rabié a autre chose à proposer.
Première des priorités, sortir le Liban de l’ornière syrienne et de l’escalade entre sunnites et chiites. Après avoir, au cours de l’été, clarifié ses partenariats avec le Hezbollah et le mouvement Amal, Michel Aoun s’emploie à reprendre langue avec l’autre camp. Pour la deuxième fois en trois mois, le général a ainsi reçu, le 5 septembre dernier, l’ambassadeur d’Arabie saoudite Ali Awad Assiri. A Rabié, on parle de «signaux positifs envoyés par l’Arabie, à travers son ambassade à Beyrouth, au général Aoun, qui ne peuvent être accueillis qu’avec encore plus d’ouverture et d’attitude positive, ce que fait le général depuis que ces signaux se sont confirmés». En août, dans un entretien accordé au quotidien al-Hayat, le leader du CPL indiquait que le conflit avec Saad Hariri était terminé, et s’il revenait au Liban, c’est parce que c’est un leader politique qui a une forte présence à ce niveau sur la scène locale. Il a ajouté que Hariri pouvait être «un intermédiaire honnête entre toutes les parties».
Faut-il rapprocher ses déclarations sur le leader du Courant du futur à ses critiques acerbes formulées contre le président Michel Sleiman et le Premier ministre Najib Mikati, accusés de s’être «accaparés seuls des prérogatives de l’Exécutif»? Sans doute, aux yeux du CPL, et pour embrasser l’ensemble de ses cibles, il faut y ajouter le président du Parlement Nabih Berry. Mais la priorité de Michel Aoun est ailleurs. Dans une volonté d’apaiser les tensions, le CPL a ouvert une véritable phase d’ouverture. Aoun aurait récemment demandé aux députés et aux coordinateurs du parti, présents sur l’ensemble des régions du pays, de se rapprocher des autres partis afin de calmer les tensions et d’éviter tout incident. Des consignes locales appelées à être traduites sur le plan national.Avec le Parti socialiste progressiste (PSP) d’abord (voir encadré).
Il est prévu que la commission bipartite qui s’est occupée des déplacés de la Montagne se réunisse à nouveau pour préparer une éventuelle rencontre de haut rang, plus élargie. Le CPL a tendu la même perche au Courant du futur, qui n’a pas encore fourni de réponse. Première pierre de cette initiative, une rencontre entre les représentants des deux partis à Iqlim el-Kharroub.
La réactivation de tous ces contacts intervient au moment où l’éventualité d’une intervention militaire américaine s’éloigne, laissant ainsi la tâche aux acteurs locaux de gérer les tensions sur le terrain. La fin de l’escalade, provoquée par l’accord a minima entre Washington et Moscou sur les armes chimiques, ouvre une nouvelle phase politique au Liban qui redonne au CPL l’occasion de revenir sur le devant de la scène.

Julien Abi Ramia
 

Michel Aoun à Clemenceau 
Le week-end dernier, à l’occasion de 
l’inhumation de May Joumblatt, où il s’est fait représenter par Alain Aoun et des 
représentants de Aley et du Chouf, Michel Aoun, s’est rendu à Clemenceau, à la tête d’une importante délégation du parti, 
composée d’élus et de cadres, pour présenter leurs condoléances à Walid Joumblatt.
Organisée dans des circonstances 
douloureuses, cette rencontre met fin à une rupture qui remonte à plusieurs mois.

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Éditorial
Rentrez chez vous!

L’intégrité morale et la liberté d’esprit imposent d’appeler les choses par leur nom. Aucun honnête citoyen n’accepterait d’être humilié à un barrage par des adolescents qui se croient investis de tous les pouvoirs pour la simple raison qu’ils appartiennent au Hezbollah. Aucune personne digne n’accepterait, après une dure journée de labeur, d’être apostrophée par un inconnu qui lui demande d’exhiber sa carte d’identité ou de montrer les papiers de sa voiture, sans détenir un mandat légitime lui autorisant cette indélicate intrusion dans la vie d’autrui. La sécurité est l’une des principales responsabilités de l’Etat, qui en détient le monopole exclusif. La transformer en affaire privée ouvre la voie à la loi de la jungle. La fermeture de routes, l’installation de voitures de surveillance banalisées, la mise sur pied de services de sécurité partisans, sont des pratiques inacceptables. Il ne manquait plus que les tribunaux improvisés… Nous ne souhaitons même pas écouter les arguments du Hezbollah ou en discuter la pertinence. C’est à l’Etat de protéger ses citoyens. Personne n’a le droit de s’autoproclamer justicier ou gendarme de la nation. C’est avec les autorités compétentes qu’il faut réfléchir à des solutions pour lutter contre les voitures piégées. Un point c’est tout! Cette intégrité morale nous pousse à regarder, d’un même œil, tout ce qui se passe autour de nous et à utiliser la même échelle de valeurs et les mêmes outils de mesure pour exprimer un avis ou porter un jugement. L’engouement de certains hommes politiques à surenchérir dans l’affaire de l’autosécurité, alors qu’ils avalent leur langue face à d’autres sujets, est plus amusant que révoltant. Toujours prêts à dénoncer les abus, les excès ou les erreurs du Hezbollah, ils s’enferment dans un silence suspect quand il s’agit de commenter d’autres phénomènes bien plus graves. C’est tout aussi vrai pour ceux qui font semblant de ne pas voir les barrages de la banlieue sud et concentrent leurs critiques sur tout le reste. Pour les illustres défenseurs de la souveraineté de l’Etat, l’afflux incontrôlé de réfugiés syriens et palestiniens ne constitue-t-il pas un sujet qui méritait de leur part un petit commentaire, ne serait-ce que pour la forme? Pourquoi sont-ils absents sur cette question qui représente, de l’avis de sérieuses institutions internationales, un danger existentiel pour le Liban? Attendent-ils que le nombre de Syriens atteigne 2,3 millions d’individus début 2014, comme le prévoit un rapport de l’Escwa, pour sortir, enfin, de leur torpeur? Il sera alors trop tard. Pourquoi ces mêmes chevaliers de la table ronde évitent-ils d’évoquer la présence du Front al-Nosra au Liban? Pourtant, nous sommes prêts à parier qu’ils savent que cette organisation, affiliée à al-Qaïda, dispose désormais d’une structure organisée et de centres d’entraînement dans certaines régions libanaises et dans plusieurs camps palestiniens de Beyrouth, du Liban-Nord et du Sud. Ce sont des rapports de services de renseignements occidentaux, et non pas russes, qui l’affirment. Attendent-ils que les éviscérateurs, les mangeurs d’hommes, les coupeurs de têtes et les trancheurs de gorges, importent leur «révolution» au Liban avant d’ouvrir la bouche? Ce sera alors pour supplier ces désaxés d’épargner leur vie. Encore faut-il espérer qu’ils ne tomberont pas sur les ravisseurs tchétchènes des deux évêques d’Alep; il paraît qu’ils ne parlent pas un mot d’arabe… et encore moins le français ou l’anglais.


 Paul Khalifeh
   

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