Stations d’épuration et pollution. 85% des eaux usées rejetées dans la mer
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Nº 2916 du vendredi 27 septembre 2013

Stations d’épuration et pollution. 85% des eaux usées rejetées dans la mer

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    Stations d’épuration et pollution. 85% des eaux usées rejetées dans la mer
    Le Centre national des sciences marines a placé le Liban dans une très mauvaise position avec 85% des eaux usées rejetées directement dans la mer. Conséquence immédiate: un niveau de...
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Le Centre national des sciences marines a placé le Liban dans une très mauvaise position avec 85% des eaux usées rejetées directement dans la mer. Conséquence immédiate: un niveau de pollution du littoral libanais inquiétant et des appels à l’exécution des plans établis afin de la réduire par un traitement des eaux usées.
 

Le défaut de traitement des eaux usées ne date pas d’aujourd’hui. Malgré les efforts des dernières années, le problème est loin d’être réglé. La construction des stations d’épuration n’a pas répondu à la qualité souhaitée.
Avant la guerre de 1975, il existait deux stations d’épuration au Liban. Malheureusement, elles ont été détruites. Au lendemain de la guerre, les efforts ont été déployés pour la reconstruction. Toutefois, les progrès en matière de traitement d’eaux usées sont restés minimes, les priorités étant ailleurs.
Dans les années 2000, le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR) lance un vaste chantier de construction de stations d’épuration notamment dans les villes côtières. Mais les municipalités concernées n’en ont pas facilité l’implantation de crainte des conséquences ou des mauvaises odeurs. Il a fallu du temps pour vaincre leurs réticences.
Le plan stratégique de 2000 prévoit la création de plusieurs dizaines de stations d’épuration réparties sur l’ensemble du territoire libanais. Sur vingt, dites prioritaires, huit fonctionnent normalement, sept ont encore besoin de finissage et d’être reliées aux égouts. Trois sont en cours de construction. D’autres restent sous étude.
Le coût de construction d’une station est d’environ 100 millions de dollars et l’entretien annuel est d’environ 4% de ce coût. La plupart des stations de traitement des eaux usées construites au Liban ont été financées par des emprunts effectués auprès de gouvernements étrangers, de la Banque mondiale, de la Banque européenne d’investissement, de l’Agence française de développement ou de la banque islamique. Les réseaux d’égout sont construits aux frais de l’Etat libanais.
Certaines municipalités ont commencé à construire des stations d’épuration à leurs propres frais, telle celle de Rimhala, dans le caza de Aley. Un autre projet est en voie d’exécution dans la région des Cèdres.
Selon des études, le Liban investit beaucoup dans le domaine de l’eau. Depuis le début des années 1990, il a ainsi investi en moyenne 0,5% de son PIB annuel. Plus de deux milliards de dollars ont été dépensés pour la construction ou la réhabilitation des infrastructures. 68% pour l’adduction d’eau potable, 23% pour le traitement des eaux usées et 9% pour l’irrigation.
En 2010, le ministre de l’Energie, Gebran Bassil, a présenté une nouvelle stratégie relative au secteur de l’eau, pour la période 2010-2025 qui prévoit la construction de stations d’épuration. L’objectif était d’atteindre un taux de traitement des eaux usées de 30% en 2012, 80% en 2015 et 95% en 2022. De nouvelles politiques tarifaires concernant le traitement des eaux usées et l’eau de l’irrigation devraient également être instaurées en 2015.
Les stations d’épuration utilisent une technique biologique et ne peuvent pas traiter les eaux industrielles. Chacune est divisée en deux parties, la première sert à traiter les eaux domestiques et la seconde traite la boue. Le traitement des boues permet de produire 60% des besoins en électricité de la station d’épuration, grâce au méthane dégagé par celles-ci.
En matière d’environnement, le Liban tente de se rattraper, mais ses problèmes politiques retardent les projets à court et long termes.

Arlette Kassas

5 000 L.L. de redevance
En 2013, les Libanais ont commencé à verser une redevance de 5 000 livres libanaises par an par foyer. Dans les régions disposant d’une station de traitement des eaux usées, les foyers paient 20 000 livres libanaises pour couvrir les frais de sa maintenance.

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Éditorial
Qu’a-t-on fait du Liban?

Il fut un temps, hélas lointain, où on le disait terre bénie des dieux. Mais, quitte à nous répéter depuis des décennies, d’erreur en erreur et d’échec en échec, pour ne pas parler de corruption de tous genres, nous avons quasiment perdu ce paradis de liberté et de bien-être. Ce pays, jadis cher aux investisseurs autant qu’aux touristes, ce centre universitaire où Libanais et étrangers, toutes nationalités, confessions et appartenances confondues, se côtoyaient dans un souci de se construire un avenir, ce Liban devenu aujourd’hui refuge des miséreux qui fuient leur pays en guerre. Mais s’il est vrai que le Liban est toujours aussi riche de ses hommes, il n’en est pas moins vrai qu’il a perdu de son aura aux yeux de l’étranger et pire encore de ses citoyens eux-mêmes. Ces derniers, perdant confiance dans leurs dirigeants, ont déserté à contrecœur leur terre natale sans grand espoir, pour le moment, d’y revenir. Sauf si, pour une fois, le miracle libanais se réalisait encore. Remplacés, en nombre, par les réfugiés palestiniens et syriens qui, selon les statistiques, constituent la moitié des nationaux, alors que quelques milliards de nos compatriotes forment la diaspora à travers le monde, le Liban n’a plus rien de son aspect du passé. Quand la corruption battait son plein, il était encore possible de la combattre par le pouvoir que nous, citoyens, avions de choisir nos représentants. Nous ne l’avions, hélas, pas fait, alors que maintenant, ils nous ont enlevé tout pouvoir. Ils sont bien là, installés sous la coupole, et rien ne peut les en déloger. Tout s’est effondré. L’insécurité aidant, le pays s’est soudain vidé de tout sang nouveau. Nous crions victoire parce que l’Etat a retrouvé la place dont on l’avait privé. Le ministre de l’Intérieur qui remplit peut-être son ultime mission officielle, semble malgré ses assurances, aussi sceptique que le commun des mortels quant à la durée du succès de cette exceptionnelle récupération d’un morceau de la capitale qu’il avait perdu. Il en reste encore tant d’autres. Le Nord n’étant pas à meilleure enseigne que le Sud. Combien de fois ne nous-t-on pas fait miroiter la souveraineté de la République sur tout le territoire national? Combien de fois ne nous ont-ils pas promis des frontières sévèrement contrôlées? Mieux vaut tard que jamais, nous dira-t-on, mais si nous pouvons faire confiance à la police et à l’armée, pouvons-nous être sûrs que le plan d’urgence mis en place ne sera pas aussi éphémère que les précédents? A toutes ces questions, certains responsables répondent qu’un accord est conclu entre l’Etat et les milices privées pour une action commune. Mais quelle fierté pouvons-nous tirer de ce qu’on appelle «la sécurité par consensus»? Si les Libanais ont bonne mémoire, ils se souviendraient que ce n’est pas la première fois qu’une telle coopération est «décidée». Ils se rappelleraient ces reportages glorifiant les forces de sécurité, armes et tanks à l’appui, sillonnant il n’y a pas si longtemps les rues de Dahié, pour un si court laps de temps. Un tel plan ne confirme-t-il pas une fois de plus, une fois de trop, l’impuissance de l’Etat à récupérer sa totale souveraineté sur le territoire national? Si ce problème est crucial, d’autres sont tout autant importants et désastreux pour l’image que nous donnons au monde. Un gouvernement censé régler les affaires courantes, qui ne règle rien du tout. Un cabinet ministériel que les différents courants et partis politiques appellent hypocritement de leurs vœux tout en lui mettant les bâtons dans les roues. Les formations précédentes, dites d’union nationale, ont démontré à l’évidence le conflit entre les intérêts des uns et des autres. Le clivage est désormais si explosif que, ceux qui ont la possibilité d’y échapper, s’empressent devant les chancelleries en quête d’un passeport pour un avenir plus serein et même pourrait-on dire plus civilisé. Mais qui pourrait blâmer les jeunes, célibataires ou mariés, d’aller quand ils le peuvent vers des horizons futurs plus cléments? .


 Mouna Béchara
   
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