2019-2020. Une rentrée apaisée à la MLF
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Nº 3106 du vendredi 4 octobre 2019

2019-2020. Une rentrée apaisée à la MLF

 
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La Mission laïque française (MLF) qui gère cinq établissements scolaires au Liban s’est adressée aux médias libanais par la voix de son directeur général Jean-Christophe Deberre. Une rencontre placée sous le signe de l’apaisement, après les tensions survenues avec les parents d’élèves en 2017.
 

C’est au cœur du Grand Lycée franco-libanais d’Achrafié (GLFL) que la Mission laïque française a accueilli journalistes et équipes de télévision. Dès le début de sa prise de parole, Jean-Christophe Deberre se veut clair, le ton est affirmé, soucieux de répondre à l’éthique de transparence revendiquée par la MLF et d’éclairer le fonctionnement de ses établissements. Selon le DG, pour qui l’apprentissage du français est «un élément de la vie culturelle du pays», cette rentrée sera donc une rentrée «apaisée» après les accords qui ont été trouvés avec les comités de parents d’élèves. Pour rappel, des contentieux avaient éclaté en août 2017 à propos de l’augmentation des écolages. Finalement, après une vive contestation, la MLF avait décidé de ne pas majorer les scolarités durant deux ans, affirmant se montrer sensible aux arguments économiques des parents. Un gel «équivalent à une subvention de 2,2 millions d’euros», selon la MLF.
Déroulant les efforts réalisés en direction des parents, M. Deberre a également rappelé l’épisode de l’audit réalisé par un cabinet indépendant sur son budget 2017-2018, et «l’effort de 3 millions d’euros équivalent au renoncement de facturation aux familles des droits de scolarité» de la même année.

Effectifs en baisse
Les explications concernant les contentieux passés achevées, la question des effectifs été évoquée par Jean-Christophe
Deberre. Analysant au cas par cas les cinq établissements au Liban – le lycée Lamartine de Tripoli, celui de Nahr Ibrahim, d’Habbouche-Nabatié, le Grand Lycée d’Achrafié (GLFL) et le lycée de Verdun –, il a fait état de disparités considérables et d’une baisse notable des effectifs. A Tripoli et Habbouche-Nabatié, les pertes s’avèrent plus importantes qu’ailleurs, «là où la situation économique est sans doute plus compliquée pour les familles», selon la MLF. A Beyrouth, le lycée de Verdun enregistre une baisse considérable de ses effectifs pour la troisième année consécutive avec un nombre d’élèves qui est passé de 2 000 à 1 660 élèves. Jean-Christophe Deberre a toutefois tenu à souligner que cette perte n’était pas due à des résultats médiocres –puisqu’ils restent a contrario intacts –, mais davantage liée à la qualité de son infrastructure. Le directeur général de la MLF a d’ailleurs annoncé qu’un chantier était prévu en vue d’améliorer le confort de travail. Coût des travaux: 12 millions d’euros. Les établissements du GLFL et celui de Nahr-Ibrahim affichent quant à eux «une pleine santé» avec 3 500 et 1 300 élèves. Le DG a en outre rappelé que le GLFL avait bénéficié d’une restructuration quasi-exhaustive… de 30 millions d’euros.

Rentrée en grande pompe
Cette rencontre était aussi l’occasion de revenir sur un événement majeur de la rentrée les 11 et 12 septembre derniers. La MLF a organisé un séminaire exceptionnel pour son personnel, regroupant les 900 enseignants des cinq établissements. L’occasion pour eux d’échanger sur deux thèmes de réflexion principaux: l’éthique du professeur et la laïcité.
La conférence de la MLF s’est déroulée en présence de Véronique Aulagnon, directrice de l’Institut français du Liban, d’Eric Krop, proviseur du lycée de Verdun et coordinateur du réseau MLF Liban, de Philippe Gaudin, directeur de l’Institut européen en Sciences des religions, Erick Prairat, enseignant en philosophie à Nancy.

MARGUERITE SILVE

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Éditorial
Tout n’est pas perdu

L’exploitation à des fins politiques des difficultés économiques et du malaise social actuels est malvenu autant que les arguments avancés par les gens au pouvoir pour se dédouaner, justifier leur incurie et leur incapacité à faire face aux défis, en se barricadant derrière l’héritage du passé. Certes, l’héritage est lourd, difficile à gérer, mais le pouvoir est continuité et les dirigeants d’aujourd’hui ne peuvent pas rejeter sur ceux d’hier la responsabilité de ce qui nous arrive.Nous payons aujourd’hui le prix des choix économiques erronés et des politiques financières impertinentes qui ont occasionné d’immenses dommages, qui, nous en sommes convaincus, ne sont pas irréparables. Ces choix se résument à la politique d’endettement justifiée au sortir de la guerre par les besoins de la reconstruction d’un pays dévasté par une folie meurtrière qui a duré 15 années. Des dizaines de milliards de dollars ont été dépensés pour, soi-disant, financer de nouvelles infrastructures et la remise à niveau des anciennes. En réalité, une infime partie de ces fonds est allée à ce à quoi ils étaient destinés et le reste a fini dans les poches de la classe dirigeante. Combien de Premiers ministres, aux moyens modestes, ne sont-ils pas devenus des tycoons? Combien de ministres ne se sont-ils pas transformés en banquiers ou de députés en entrepreneurs et en hommes d’affaires? L’argent est allé enrichir une nouvelle classe politique de basse extraction morale, parasitaire et sans scrupules, qui a pillé le pays pendant un quart de siècle. L’endettement s’est poursuivi outrancièrement, non plus pour financer la réhabilitation de l’infrastructure, mais pour payer le service de la dette. Le pays s’est alors installé au fil des ans dans un cercle vicieux qui aurait dû le précipiter dans l’abîme depuis des années, mais la catastrophe a été évitée en raison de la conjoncture internationale, entre 2008 et 2010, qui a permis au Liban d’attirer des dizaines de milliards de dollars qui fuyaient les économies occidentales meurtries par la crise mondiale.Au lieu de mettre à profit ce sursis providentiel, la classe politique corrompue a poursuivi son pillage systématique des ressources de l’Etat, jusqu’à ce que nous arrivions au point où nous en sommes aujourd’hui.Tout n’est perdu. Mais l’heure n’est plus aux mesquineries et aux règlements de compte. Il faut repenser tout le modèle économique, jeter aux oubliettes la mentalité rentière et revenir au cycle de la production. Il faut impérativement réduire la facture des importations qui s’élève à 16 milliards de dollars par an, une somme injustifiée pour une population de 4,5 millions d’habitants. Il faut la réduire de plusieurs milliards de dollars, pour ne plus dépendre autant des humeurs du billet vert et des pressions de son géniteur. Pour cela, les Libanais ont un rôle à jouer. Ils doivent reprendre confiance dans leurs capacités à créer et à fabriquer des produits à valeur ajoutée. Ils doivent consommer libanais. C’est dans cet esprit que Magazine a consacré son dossier de couverture, ce mois-ci, à l’industrie libanaise dans toutes ses déclinaisons. En achetant libanais, nous réduisons la facture des importations et, par conséquent, le déficit de la balance des paiements. Mais pas seulement. Nous boostons la production locale, ce qui poussera les industriels à créer des emplois, et qui conduira, forcément, à la relance de la consommation. En achetant un produit libanais, chacun d’entre nous, à son niveau, contribue à l’apparition d’une dynamique vertueuse, seule capable de briser le cercle vicieux dans lequel ceux qui nous gouvernent ont plongé notre pays. ●


 Paul Khalifeh
   

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