Saad Azhari, Pdg de Blom Bank. Les prêts reprendront d’ici la fin de l’année
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Nº 3104 du vendredi 2 août 2019

Saad Azhari, Pdg de Blom Bank. Les prêts reprendront d’ici la fin de l’année

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    Saad Azhari, Pdg de Blom Bank. Les prêts reprendront d’ici la fin de l’année
    Les développements d’actualité sur la scène financière sont passés au crible lors d’une interview avec Saad Azhari, Pdg de Blom Bank sal.   Le communiqué de l’Association des banques au Liban...
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Les développements d’actualité sur la scène financière sont passés au crible lors d’une interview avec Saad Azhari, Pdg de Blom Bank sal.

 

Le communiqué de l’Association des banques au Liban (ABL), publié le 19 juillet dernier, est inquiétant pour éviter d’utiliser le mot alarmant. Il a parlé de «banques réfractaires» qui font planer la menace sur l’ensemble du secteur des banques. En fait, le secteur bancaire est sujet «à un vent de folie» avec des taux d’intérêt qui ont atteint 21%. Qu’en dites-vous?
L’ABL a défini des lignes directrices se rapportant au taux d’intérêt que les banques libanaises peuvent proposer sur leurs dépôts en livres libanaises et dollars, et ce, pour limiter la concurrence entre les banques et protéger leurs marges d’intérêt nettes. Dans l’ensemble, les banques ont respecté ces limites et les taux d’intérêt ont atteint en moyenne à fin mai 2019 8,7% sur les dépôts en livres et 5,7% sur les dépôts en dollars. Cependant, il existe des produits spéciaux commercialisés par le biais de services des banques privées échéant à long terme avec des taux plus élevés et de loin inférieurs au taux d’intérêt de 21%.

Une anomalie touche l’ensemble du secteur bancaire. Le PIB du Liban est de près de 50 milliards de $, le volume des avoirs des banques est de 250 milliards $. D’une part, on se demande comment se nourrissent les banques et d’autre part, comment à leur tour peuvent-elles nourrir une économie qui a entamé la première phase du processus de récession?
Actuellement, les actifs bancaires s’élèvent à environ 254 milliards $ et le PIB pour 2019 devrait atteindre environ 58 milliards $. En outre, le financement bancaire du secteur public s’élève à environ 33 milliards $ et les prêts bancaires au secteur privé ont atteint environ 57 milliards $, soit près de 100% du PIB figurant parmi les ratios les plus élevés des pays émergents. Il est vrai que les prêts ont chuté de 5% au cours de l’année écoulée, ce fait étant dû à la mauvaise situation économique. Mais d’ici à la fin de l’année, une fois que l’économie se redresse, ils devraient reprendre leur tendance à la hausse.
 
Parler d’un marché local liquide est surprenant lorsque l’on sait que 80% des devises étrangères en l’occurrence des dollars disponibles sur le marché local sont détenus par la BDL?
Les dépôts bancaires auprès de la BDL représentent 55% de leurs actifs et 82% de leurs dépôts. Ces chiffres ne sont pas inhabituels pour un secteur bancaire dans un contexte économique difficile. Les banques s’engagent à protéger leurs liquidités tout en soutenant les avoirs extérieurs de la BDL. En outre, elles seront réduites quand l’économie se redressera et lorsque les placements des banques dans les secteurs réel et financier seront plus intéressants.

Une dollarisation à 100% de l’économie libanaise représenterait-elle une solution à l’état de pourrissement de l’économie?
Le cas d’un taux de dollarisation de 100% se présente lorsqu’un pays utilise le dollar américain en tant que devise comme c’est le cas au Panama par exemple. Ceci ne s’applique pas au Liban qui, d’ailleurs, n’a jamais atteint un tel taux de dollarisation, même au plus fort de la guerre civile entre 1975 et 1991. Le taux de dollarisation est actuellement de 71% et les politiques de la BDL visent à maintenir la confiance dans la livre libanaise, objectif atteint jusqu’à présent avec beaucoup de succès.

Pourquoi n’avez-vous pas réussi à faire un lobby de pression sur le gouvernement puis sur le Parlement pour éviter une double taxation des banques? Un tel lobby aurait été bénéfique pour les banques et pour le gouvernement. Ce dernier aurait peut-être été acculé à élaborer une réelle loi de finances réformatrice?
Certes, la double imposition pèse lourdement sur les bénéfices des banques. L’augmentation simultanée des impôts sur les sociétés d’une part et sur les intérêts des dépôts d’autre part porte à plus de 45% la charge fiscale effective des banques. L’ABL a toujours fait pression contre cette double imposition et le fait toujours avec force, mais hélas sans succès malgré les efforts déployés car certains politiciens et citoyens pensent à tort que les banques gagnent «trop d’argent» et doivent donc être taxées davantage. Or, les taux de rentabilité des banques – comme un ROAE de 10% ou moins – sont parmi les plus bas de la région Mena et les déficits budgétaires devraient être réduits par des réformes fiscales et non par une augmentation des impôts ciblant le secteur productif de l’économie. En outre, il est important de noter que des taxes plus élevées sur les intérêts se traduisent finalement par des taux d’intérêt plus élevés et par une réduction des prêts et de la croissance, contrairement à l’augmentation des taxes sur les cigarettes et l’essence par exemple qui contribueraient à réduire les coûts de la santé et la pollution.

Liliane Mokbel

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La stratégie invisible de Donald Trump

Au-delà du discours populiste, des dérives racistes et des propos inconséquents, le plus inquiétant dans la personnalité de Donald Trump c’est qu’il donne l’impression de faire cavalier seul, dans le sens où certaines des décisions qu’il prend ne semblent pas s’inscrire dans le cadre d’une stratégie mûrement réfléchie, minutieusement élaborée, et convenablement mise en œuvre par les différents départements du processus du «decision-making» aux Etats-Unis. Une stratégie prévoyant les conséquences sur les équilibres mondiaux et prenant en compte les intérêts de ses alliés.Le président américain a ainsi marqué une pause dans sa guerre commerciale contre la Chine après avoir pris des sanctions à l’emporte-pièce, sans en mesurer l’impact sur l’économie américaine. La tentative de mettre à genoux le Chinois Huawei s’est heurtée aux réticences d’un grand nombre d’entreprises américaines, qui ont fait pression sur l’Administration. Sur un plan plus général, Pékin a riposté par des mesures ciblées contre la taxation par Donald Trump de produits chinois d’une valeur de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les mesures de rétorsion chinoises ont mis à mal le secteur agricole aux Etats-Unis, pour qui l’Empire du milieu constituait un important marché. Le président Trump s’est donc tiré une balle dans le pied puisque les agriculteurs constituent une pierre angulaire de sa base électorale. C’est principalement pour répondre à leur demande que le locataire de la Maison-Blanche a décrété une trêve avec Pékin.Par ailleurs, les mesures contre Huawei ont poussé le géant chinois à accélérer ses programmes d’autonomisation pour ne plus dépendre exclusivement des logiciels et autres produits fabriqués par les entreprises américaines. Bien que les Etats-Unis aient reculé, Huawei poursuivra sur la voie de l’autonomisation car rien ne garantit que demain, ou un autre jour, Donald Trump ou un autre président, ne décideront pas de revenir à l’option des sanctions.Plus proche du Liban, la confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran donne lieu aux mêmes observations. Par vanité ou par ignorance, Donald Trump croyait, à tort, que Téhéran lèverait le drapeau blanc au bout de quelques mois de sanctions, couplées de menaces. Les sanctions sont toujours là mais les menaces, elles, perdent du volume. Au tout début, Trump menaçait la République islamique des pires gémonies si elle osait s’en prendre «aux ressortissants US, aux intérêts américains et aux alliés des Etats-Unis». Puis les «alliés» ont disparu de son discours, suivis des «intérêts», vu qu’il n’a pas riposté à la destruction du drone-espion Triton, qui vaut 220 millions de dollars, par un missile iranien qui a coûté lui quelques dizaines de milliers de dollars.Dans le bras de fer irano-américain, le monde assiste presque en temps réel, aux scènes de ménage entre Donald Trump et certains de ses conseillers, comme John Bolton, un va-t’en-guerre patenté qui cherche à entraîner son patron dans un conflit militaire que ce dernier ne souhaite pas en pleine campagne électorale.Dans ce paysage lamentable et pitoyable, les alliés des Etats-Unis sont les dindons de la farce. Ils constatent, avec effroi, que leur protecteur n’est pas si pressé de les protéger. C’est probablement pour cette raison que les Emirats arabes unis ont commencé les manœuvres pour un atterrissage en douceur en se désengageant de la guerre du Yémen.  


 Paul Khalifeh
   

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