Le nouveau patriarche grec-orthodoxe. Youhanna X Yazigi, un pont entre l’Orient et l’Occident
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Nº 2876 du vendredi 21 décembre 2012

Le nouveau patriarche grec-orthodoxe. Youhanna X Yazigi, un pont entre l’Orient et l’Occident

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    Le nouveau patriarche grec-orthodoxe. Youhanna X Yazigi, un pont entre l’Orient et l’Occident
      Douze jours après la disparition d’Ignace IV Hazim, le saint-synode de l’Eglise orthodoxe d’Antioche a choisi son successeur, en la personne de Youhanna X Yazigi. Evêque de la communauté pour...
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Douze jours après la disparition d’Ignace IV Hazim, le saint-synode de l’Eglise orthodoxe d’Antioche a choisi son successeur, en la personne de Youhanna X Yazigi. Evêque de la communauté pour l’Europe de l’Ouest et l’Europe centrale, le jeune prélat peut jouer le rôle de pont entre l’Orient et l’Occident.


En ces temps difficiles pour la communauté orthodoxe en Syrie, qui constitue la première communauté chrétienne du pays, le profil du nouveau patriarche coulait de source. Il était écrit que le patriarche que les évêques du saint-synode porteraient à la tête de l’Eglise orthodoxe d’Antioche serait originaire de Syrie. Le décès de Hazim a provoqué un électrochoc au sein de la hiérarchie. Il fallait trouver une personne dans la force de l’âge, au parcours ecclésiastique exemplaire, qui a su tisser des liens avec ses fidèles. Le conflit en Syrie et, plus globalement, la situation des chrétiens de la région, exige un homme solide, dynamique et incontestable. Le synode devait envoyer un signal fort. Il était acquis que le successeur de Hazim devait pouvoir se projeter dans l’avenir, avec force et détermination. L’hommage international qui a été rendu au patriarche disparu aura sans aucun doute dramatisé cette élection. Ce sont les yeux de toute une communauté, de toute une région qui se sont tournés vers Balamand, lundi dernier.   

Trois candidats
Après la fermeture des portes du monastère, les vingt membres du collège électoral n’ont eu besoin que de deux heures pour élire le successeur de Hazim. En l’absence des évêques des Etats-Unis et de Bagdad, le saint-synode a élu le nouveau patriarche à la majorité absolue avec douze voix. Selon les dispositions du droit canon, l’élection du patriarche orthodoxe d’Orient se déroule en deux temps. Au premier tour, les évêques sont conviés à choisir trois évêques qui feront office, au deuxième tour, de candidats au siège patriarcal. Pendant le week-end, deux personnalités se sont dégagées, confiant à plusieurs de leurs interlocuteurs leur envie de concourir. Le premier à s’être lancé dans la course est celui que le synode a choisi pour l’intérim au siège de Hazim, le vicaire patriarcal Esber Saba, évêque de Bosra-Houran, de Jabal el-Arab et du Golan. Sa candidature s’est imposée d’elle-même. Même si c’était de manière temporaire, il avait déjà recueilli l’unanimité des voix pour assurer la continuité de l’Eglise.

C’est d’ailleurs lui qui arrivera en tête du premier tour. La deuxième place est revenue à l’évêque du Mexique, Antonios Chédraoui. Bien que dirigeant d’un diocèse éloigné des contrées moyen-orientales, son influence au sein du synode est incontestable. Lui aussi faisait partie des favoris. Des évêques qui auraient pu être favorables à Esber Saba ont d’ailleurs voté pour lui au premier tour. L’histoire retiendra qu’au premier tour, le futur patriarche n’aura pris que la troisième place. Au sein du collège, il bénéficie pourtant de relais extrêmement rares. Au saint-synode, il siège aux côtés de son frère l’évêque d’Alep, Boulos Yazigi, qui a un temps pensé à présenter sa candidature et de l’un de ses oncles, l’évêque d’Argentine Selwan Moussi. Il faut ajouter à cette liste de soutiens son ami proche Ghattas Hazim, higoumène du monastère Notre-Dame de Balamand et son père spirituel, celui qu’il a maintes fois consacré Youhanna Mansour, évêque de Lattaquié.        

L’amendement qui a tout changé
Mais sa candidature pose un problème juridique. Les statuts de l’Eglise orthodoxe prévoient que, pour que la candidature d’un évêque soit valide, il faut que ce dernier ait passé cinq ans dans sa fonction. Or, le nouveau patriarche n’était métropolite d’Europe que depuis quatre ans et demi. Il a donc fallu que le synode, qui en a le pouvoir, amende cette disposition qui date de 1973. Le cercle Yazigi et les évêques favorables à Esber Saba ont donc proposé cette modification, jusqu’à présent évaluée auprès des tribunaux de la communauté.
L’évêque de Jbeil et de Batroun, Georges Khodr, qui aura été dans les coulisses l’un des hommes forts de la campagne, a vite compris que la candidature de Youhanna Yazigi était en passe de s’imposer.
Youhanna Yazigi est officiellement l’archevêque métropolite de l’Europe de l’Ouest et d’Europe centrale mais il a longtemps vécu, ces quatre années, à Paris dans un modeste appartement. Et pour cause, son diocèse n’a toujours pas été construit. Ce n’est que récemment qu’il a élu domicile dans une église orthodoxe du continent.
Son premier discours de patriarche, prononcé après la prière d’action de grâce, dessine la mission que cet homme de 57 ans s’est donnée. «Ce service est ma croix. Je demande vos prières et votre aide fraternelle pour que l’Eglise d’Antioche soit une image digne de l’épouse du Christ. L’Eglise c’est vous, vous, jeunes gens et jeunes filles, enfants et familles. Je demande vos prières pour être fidèle à ce ministère qui vient de m’être confié, a ajouté le nouvel élu. Nous savons bien que notre peuple est doux de cœur et que le fardeau de son service est léger. Nous faisons partie de cette terre, de ce sol. Il fait partie de notre être». Au cours de sa première conférence de presse, Youhanna X expliquera que les chrétiens resteront en Syrie, «car cette terre est la leur».

Julien Abi Ramia
 




Qui est-il?
Né à Lattaquié, dans le nord-ouest de Syrie, et âgé de 57 ans, Youhanna Yazigi est originaire de Mar Marita, la plus grande vallée chrétienne de Syrie. Il a d’abord vécu à Lattaquié où il a suivi ses études universitaires à la faculté de Génie de l’Université de Tichrin. En 1978, il obtient une licence en théologie orthodoxe à l’Institut Saint Jean damascène de théologie à l’Université de Balamand, et en 1983 un doctorat en Théologie de l’Université de Thessalonique. En 1979, Mgr Youhanna Mansour, métropolite de Lattaquié, l’ordonne diacre, puis prêtre en 1983.
En 1993, Youhanna el-Yazigi fonde une communauté monastique au monastère patriarcal Saint-Georges à Humeira, en Syrie, et fut son higoumène jusqu’en 2005. Il aura également fondé une école pour la formation cléricale au monastère pour tout le patriarcat d’Antioche. Il est le père spirituel de la communauté monastique du couvent Notre-Dame de Bloummana à Tartous en Syrie.
Le saint-synode de l’Eglise d’Antioche l’a élu évêque du Hosn, où il a servi le diocèse jusqu’en 2008, l’année où il devient métropolite pour l’Europe de l’Ouest et l’Europe centrale.


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Éditorial
2012 s’achève sans regrets

Nous aurions tant voulu, en cette période de fêtes, offrir du rêve à nos lecteurs. Mais pouvions-nous échapper à cette formule historique, «Annus horribilis», par laquelle la reine d’Angleterre avait résumé en deux mots l’année 1992 marquée pour la famille royale par des divorces successifs? «Annus horribilis», s’écrient donc les Libanais tous concernés par les mêmes problèmes du quotidien et la même inquiétude, à des niveaux divers, autrement plus dramatiques que ceux d’Elizabeth II. Comment donc qualifier 2012? Une année meublée de grèves de tous genres, de sit-in permanents à travers le pays, de combats de rues meurtriers, de routes bloquées au Sud comme au Nord, de multiples enlèvements politiques ou crapuleux, souvent suivis de demandes de rançons de tous genres, de menaces paralysant toute action politique, du boycott d’un dialogue voué à l’échec avant d’être entamé, des appels à la stabilité lancés de l’étranger… Enfin et en bref, des dirigeants qui ne dirigent plus rien dans une République bananière, pour ne pas dire soumise à la loi de la jungle où l’on s’entre-tue autant par les actes que par les discours de bas niveau, triste exemple pour la jeune génération. L’insécurité, tant dénoncée par ceux qui, pourtant en sont responsables, continue à sévir. Nous entendons, après le décompte des victimes de chaque attentat ou de chaque échauffourée, le ministre de l’Intérieur, «assurer qu’il ne pourrait plus accepter l’inacceptable…», qu’il s’apprêtait à donner ses instructions pour que le nécessaire soit fait et qu’il soit mis un terme à «cette situation inadmissible». Cela continue jusqu’à faire dire à ce même ministre qu’il «jurait par sa mère être las et n’en pouvoir plus». On se souvient encore, qu’il y a peu de temps, il avait décrété un «mois de la sécurité». Grands biens lui fassent. Nous avons vu les agents de la sécurité se déployer dans les quartiers les plus tranquilles, histoire de rassurer au moins ceux qui ne sont pas concernés par le désordre régnant.   Faut-il à tout prix démontrer au monde que le Liban n’est toujours pas majeur. Dans les années 70, un Premier ministre en poste, aujourd’hui disparu, déclarait dans une conférence de presse que «le pays à trente ans n’était pas encore majeur…». Il ne l’est visiblement pas encore. D’une tutelle à l’autre, les Libanais ne sont toujours pas maîtres chez eux. Preuve en est la réunion officielle de quatre diplomates étrangers à l’invitation d’une chancellerie non moins étrangère, en l’absence de tout responsable libanais sur le territoire libanais et l’annonce, au Liban, par communiqué de leur position dans un conflit étranger. Sur cette situation de troubles sécuritaires, se greffe un malaise social toujours plus profond et plus inextricable. Les salariés vivent carrément dans la rue depuis plusieurs mois. Ils ne réclament rien de plus que le respect des promesses qui leur ont été faites. Certes, nous comprenons que la trésorerie nationale ne permet pas de telles dépenses, mais nous ne comprenons pas les raisons, sinon démagogiques, qui ont fait prendre au gouvernement, en toute connaissance de cause, de tels engagements. En outre, le temps court et les législatives qui posent, elles aussi, autant de problèmes, ne sont pas assurées pour autant. Les députés, ministres ou non, revêtiront bientôt le costume des candidats, prêts à tout pour plaire à des électeurs de plus en plus réticents. Auront-ils les moyens de satisfaire leurs revendications? Y iront-ils de leurs biens personnels? Les Libanais seront-ils, une fois de plus, bluffés par les discours prometteurs? Difficile pour le moment d’établir des pronostics, à l’ombre du flou qui entoure les projets de loi électorale dont le sort dépend des intérêts individuels ou partisans des uns et des autres et, certainement pas, des aspirations des citoyens à un régime parlementaire, dit démocratique. Devant ce sombre tableau que nous aurions souhaité ne plus voir, il ne nous reste plus qu’à regarder le futur avec plus d’optimisme et à rêver d’un «pays des merveilles» que le vieillard à la barbe blanche, nous apporterait dans sa hotte. L’homme, dit-on, vit d’espoir et de rêves, dans l’Histoire des Libanais, leur pays reste celui des miracles.


 Mouna Béchara
   

Santé

Le second Recueil national des statistiques sanitaires. Des données fiables et utiles
Fournir des statistiques sanitaires et montrer l’évolution des données disponibles au Liban. Tel est l’objectif du Recueil national des statistiques…

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