Un monde multipolaire. Les Brics et les Next 11
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Nº 2877 du vendredi 28 décembre 2012

Un monde multipolaire. Les Brics et les Next 11

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    Un monde multipolaire. Les Brics et les Next 11
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Le temps d’un monde bipolaire semble de plus en plus révolu. Avec la crise économique, on assiste à la montée en puissance des Brics, mais aussi à celle des Next 11, au potentiel sous-estimé. Explications.


La crise économique qui secoue le monde occidental depuis 2008 laisse des traces. Inexorablement. Et pourrait annoncer l’entrée dans une nouvelle ère, celle d’un monde multipolaire et non plus uniquement bipolaire, comme jusqu’à présent.
Dans ce nouvel échiquier mondial, les pays des Brics sont appelés à jouer un rôle primordial. Derrière cet acronyme, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et depuis peu, l’Afrique du Sud, considérés comme des pays émergents, constituent un important moteur de la croissance économique mondiale de ces dernières années. Pour preuve, ces cinq pays contribuent à eux seuls à la moitié de la croissance économique mondiale et leur produit intérieur brut représente près de 20% du PIB mondial. A eux seuls, ces cinq pays représentent également 40% de la population mondiale, 25% des territoires et contrôlent déjà quelque 43% des réserves de change mondiales. Un autre pays au poids important, ne serait-ce que du point de vue énergétique, pourrait les rejoindre dans quelques années: l’Algérie. Ce pays pourrait ainsi représenter les pays arabes et musulmans et permettre de développer une coopération sud-sud.

 

Coopération étroite
La montée en puissance des Brics est alimentée par les incertitudes concernant les politiques fiscales, monétaires et de régulation financière des pays développés, comme autant de défis. Lors du premier forum sur la situation économique des pays des Brics, le vice-ministre chinois des Finances, Zhu Guangyao, a d’ailleurs souligné que ce groupe devait «renforcer la coopération pour lutter contre les risques générés par les incertitudes de l’économie mondiale». Il les a également appelés à rester vigilants à l’égard du protectionnisme et à renforcer leur coopération dans les secteurs des infrastructures et du financement du commerce.
L’objectif étant, entre autres, pour ces pays, de parvenir à peser plus lourd dans les institutions financières internationales, comme dans le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale, sur lesquelles les Etats-Unis comme l’Europe conservent encore la main. D’autant qu’en s’impliquant dans la remise à flot financière de l’Union européenne, les pays émergents peuvent légitimement demander plus de place au sein des institutions de Bretton Woods.
Toutefois, les Brics sont confrontés à un obstacle de taille. Si leur PIB total équivaut aujourd’hui à près de 14000 milliards de dollars, presque à la hauteur des Etats-Unis, ils ne constituent pas pour autant un tout économique. Pour l’heure, ils font partie du G20, mais sans former de véritable bloc. Et aucun leader n’a encore émergé pour mener la barque. Inde et Chine sont en concurrence, tout comme la Russie et la Chine, tandis que Pékin et le Brésil rivalisent pour l’accès aux ressources en Afrique. Si leurs échanges s’intensifient, il n’y a pas encore eu d’accord de libre-échange entre eux.
Alors que les Brics s’affirment, tout en continuant de tâtonner, un autre groupe est aussi en train d’émerger. Celui des Next Eleven. Il s’agit d’un ensemble de pays émergents, qui compte le Bangladesh, la Corée du Sud, l’Egypte, l’Indonésie, l’Iran, le Mexique, le Nigeria, le Pakistan, les Philippines, la Turquie et le Viêtnam. En 2009, les N-11 réalisaient déjà 7% du PIB mondial. Mais avec les Brics, ils pourraient représenter dans quelques années 60% de la croissance mondiale. Même si, pour l’heure, les économies sont à des stades de développement différents, ils constitueront sans nul doute et s’ils parviennent à s’entendre, un bloc politique autant qu’économique que l’Occident ne pourra plus ignorer.

Jenny Saleh

 


 

JANVIER
Naufrage du Concordia en Italie
Le 13 janvier, un des fleurons de la compagnie Costa, le Concordia, fait naufrage après avoir heurté un rocher, sur les côtes sud de la Toscane. Plus de 3200 passagers sont à bord, ainsi qu’un millier de membres d’équipage. La catastrophe fera 32 morts et deux disparus. Le paquebot se serait visiblement bien trop approché de la côte. Le commandant du bateau et la compagnie sont mis en cause. Les rescapés, qui accusent le commandant d’avoir tardé à faire évacuer le navire, obtiendront des indemnités de la part de la compagnie.


 

 

FÉVRIER 2012
Double veto sino-russe sur la Syrie

Le 4 février, au grand dam de 13 pays du Conseil de sécurité, la Chine et la Russie opposent leur veto à un projet de résolution condamnant la répression sanglante en Syrie. Cette résolution exprimait un «soutien» au plan de règlement de la crise de la Ligue arabe et dénonçait les violations des droits de l’homme commises par le régime syrien. C’est la deuxième résolution bloquée par les deux puissances. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France dénoncent ce blocage et la violence du régime Assad.


MARS
Le retour du tsar Poutine

Avec près de 64% des voix, Vladimir Poutine remporte la présidentielle russe au premier tour, avec des scores extraordinaires dans certaines régions, comme en Tchétchénie (99,76%). L’opposition ainsi que les observateurs de l’OSCE dénoncent des irrégularités lors du décompte des voix, ainsi qu’une campagne «clairement biaisée» en faveur de Poutine. Comme un jeu de chaises musicales, il nomme Dmitri Medvedev Premier ministre.

 

 

AVRIL
Coup de filet anti-islamiste en France

 

Une semaine après la mort de Mohammad Merah, l’auteur de plusieurs tueries contre des militaires et une école juive à Toulouse, la police française procède à un vaste coup de filet dans les milieux islamistes radicaux en France. 17 personnes seront placées en garde à vue. Nicolas Sarkozy annonce d’autres opérations. L’affaire intervient en pleine campagne présidentielle, à la veille du premier tour.

MAI
François Hollande à l’Elysée


Le 7 mai, le socialiste François Hollande, donné vainqueur depuis des mois par les médias, remporte la présidentielle française au deuxième tour avec 51,56%, contre Nicolas Sarkozy. Cette élection marque le grand retour de la gauche au pouvoir depuis la fin des années Mitterrand. Jean-Marc Ayrault est nommé Premier ministre. Sarkozy, lui, annonce qu’il se retire de la vie politique.

 

 

JUIN
Syrie: Robert Mood baisse les bras

Le chef des observateurs de l’Onu en Syrie, le général Robert
Mood, annonce, le 16 juin, la suspension de leur mission dans le pays, en raison de l’intensification de la violence. Cet échec intervient après les massacres perpétrés à Houla, le 25 mai, où plus de 100 personnes sont tuées, et à Hama, le 6 juin. Le 7 juin, les observateurs essuient des tirs d’armes légères alors qu’ils souhaitent se rendre à al-Koubeir.

 


JUILLET
Mali: les islamistes contre le patrimoine

A Tombouctou, au Mali, les islamistes d’Ansar Eddine
entreprennent la destruction des 16 sites comprenant des mausolées de saints musulmans. Un patrimoine mondial classé à l’Unesco. Ansar Eddine a pris le contrôle de la région nord du Mali au mois d’avril, pour en faire un Etat islamiste, soumis à la charia. La communauté internationale dénonce avec virulence ces «crimes de guerre».


 

 

AOUT
Curiosity explore Mars

La mission Curiosity, de la Nasa, arrive sur Mars, après huit mois de voyage spatial. Le robot explore la planète rouge et prend des photos jusque-là inédites de Mars en noir et blanc puis en couleurs. Objectif de la mission: déterminer si Mars a pu être propice au développement de la vie. Ce robot de 900 kg aura coûté la bagatelle de 2,5 milliards de dollars. La mission doit durer deux ans.


SEPTEMBRE
La colère des musulmans

La diffusion d’extraits du film L’innocence des musulmans sur Internet met le feu aux poudres et provoque de nombreuses manifestations violentes dans le monde musulman. En Libye, à Benghazi, le consulat américain est attaqué, provoquant la mort de l’ambassadeur Christopher Stevens et trois autres Américains. Le consulat abritait de nombreux membres de la CIA. Plusieurs ambassades occidentales sont attaquées dans plusieurs pays musulmans. Le réalisateur du film, un Américain d’origine copte, est arrêté.

 

 

OCTOBRE
Sandy dévaste la côte est

Après un passage dans les Grandes Antilles, l’ouragan Sandy fonce droit sur la côte est des Etats-Unis. New York est particulièrement touché fin octobre. 375000 personnes sont évacuées, les aéroports et métros sont fermés. Surnommé par les médias US Frankenstorm, Sandy fait au total 210 morts depuis son arrivée dans la région. Il fait aussi 30 milliards de dollars de dégâts.

 


NOVEMBRE
Israël attaque Gaza

Le 14 novembre, Israël déclenche l’opération Pilier de Défense sur la bande de Gaza. Le conflit débute avec l’assassinat ciblé d’Ahmad Jaabari, chef militaire du Hamas, à Gaza. Tsahal effectue de nombreux raids aériens qui font de nombreuses victimes civiles et réduisent en cendres les infrastructures. Les Palestiniens poursuivent leurs tirs de roquettes, atteignant Jérusalem et Tel-Aviv, malgré l’Iron Dome. L’Egypte négocie une trêve qui prend effet le 21 novembre.


 

 

DÉCEMBRE
La rue égyptienne se soulève

A peine six mois après son élection à la tête de l’Egypte, Mohammad Morsi se trouve confronté à de nombreuses manifestations de l’opposition. Celle-ci proteste contre la décision de Morsi de s’accorder des pouvoirs exceptionnels par un décret du 22 novembre. L’ex-Ikhwan finit par céder à l’appel de la rue et annule le décret. Toutefois, il maintient le référendum portant sur le projet de Constitution prévu pour le 15 décembre.


 

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Éditorial
Il faut sauver Ras Beyrouth!

Les Libanais d’un certain âge, dont la mémoire n’est pas encore défaillante, peinent sans doute à reconnaître, dans le Liban d’aujourd’hui, le pays ouvert, pluraliste, généreux, tolérant et cosmopolite, qu’ils ont connu. Cloisonné actuellement aux niveaux horizontal et vertical, le pays est compartimenté sur les plans communautaire, social, culturel et économique. Les Libanais ne vivent plus ensemble, mais côte à côte, parfois sans jamais se rencontrer. Toutes ces mini-entités, même additionnées, ne forment pas le Liban dans lequel nos pères et nos grands-pères ont vécu et qu’ils ont tant aimé. Chaque entité évolue dans un espace géographique qui lui est propre, avec ses particularités, ses exceptions et ses anomalies, qui ne se mélangent pas à celles des autres, comme dans un vase clos. La symbiose, souvent source de richesse et d’épanouissement, n’est plus qu’un lointain souvenir, une notion barbare, pour ceux qui ne la comprennent pas. Une hérésie qu’il faut extirper, un mal qu’il faut éradiquer. La situation aurait pu être désespérante si des Libanais n’avaient pas affirmé, contre vents et marées, leur attachement au Liban authentique. Ce Liban-là, c’est à Ras Beyrouth que l’on peut encore le vivre et le pratiquer. Dans ce secteur, on reconnaît tous les attributs et les qualités du vrai Liban. A Hamra et dans les rues adjacentes, la femme voilée et la jeune fille au décolleté généreux font du lèche-vitrine bras dessus bras dessous. Le barbu à la jallabiya croise, en allant faire la prière de l’aube, des jeunes gens éméchés, qui ont tiré un peu trop sur la bouteille pour célébrer un joyeux événement. Le sunnite, le chiite, le druze, le chrétien, l’Arménien, vivent et travaillent dans les mêmes immeubles, en parfaite intelligence. Leurs mosquées et leurs églises sont à chaque coin de rue. Les riches et les moins riches fréquentent les mêmes lieux. Libanais, Syriens, Européens et Américains sirotent un verre dans les mêmes cafés-trottoirs, étudient sur les mêmes bancs d’université. Le tout dans une ambiance sereine et conviviale. Ras Beyrouth est le dernier endroit du Liban où autant de communautés religieuses, de nationalités et de cultures différentes se croisent à chaque instant du jour et de la nuit. C’est ce brassage, où chacun a l’opportunité de connaître l’autre sans perdre sa propre identité, qui constitue la véritable marque de fabrique du Liban. En renaissant de ses cendres, après une traversée du désert de plusieurs années, Ras Beyrouth offre la preuve que le Liban n’est pas mort. Mais les pulsions maléfiques sont là, à l’affût de la moindre occasion pour détruire ce modèle et empêcher qu’il ne fasse tache d’huile. De vieilles bâtisses sont démolies pour céder la place à des tours anonymes; d’anciennes enseignes disparaissent pour être remplacées par les marques de la consommation effrénée et maladive; des chantres de la pensée unique et de l’exclusion religieuse et culturelle pointent le bout du nez. Pour sauver le Liban, il faut préserver Ras Beyrouth.


 Paul Khalifeh
   

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