Le 28 décembre 1968 à l’AIB. Israël détruit la flotte civile du Liban
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Nº 2877 du vendredi 28 décembre 2012

Le 28 décembre 1968 à l’AIB. Israël détruit la flotte civile du Liban

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    Le 28 décembre 1968 à l’AIB. Israël détruit la flotte civile du Liban
    C’était il y a 44 ans. Le 28 décembre 1968, après de multiples menaces, Israël lance une opération commando contre l’Aéroport international de Beyrouth (AIB). Bilan: 13 avions civils détruits. Il...
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C’était il y a 44 ans. Le 28 décembre 1968, après de multiples menaces, Israël lance une opération commando contre l’Aéroport international de Beyrouth (AIB). Bilan: 13 avions civils détruits.


Il était 21 heures 30, le trafic à l’AIB était habituel. Rien ne laissait présager de ce qui allait se passer. Pourtant, très vite c’est la catastrophe. Un des avions de la MEA s’apprêtait à décoller lorsque les portes s’ouvrent devant un militaire libanais qui demande aux passagers de quitter l’avion immédiatement. Quelques minutes plus tard, l’appareil flambait au milieu de la piste de l’aéroport.
L’attaque israélienne est brutale. Bilan: 13 appareils complètement détruits en moins d’une demi-heure sans provoquer la moindre réaction des forces de sécurité libanaises.
Israël menaçait, depuis quelque temps, de s’en prendre au Liban en riposte aux fréquentes attaques des fedayin, mais personne ne s’attendait à une telle agression. Quatre hélicoptères israéliens s’approchent de la côte sans être repérés. Profitant du facteur surprise, ils surgissent sur l’AIB, dans un parfait ensemble. Ils avaient très bien orchestré leur opération. Deux des hélicoptères doivent s’assurer de n’être la cible d’aucune riposte pendant que les deux autres déposent des bombes incendiaires sur les 13 avions se trouvant sur la piste dont quelques-uns appareillaient pour le décollage. Une bombe placée sur un quatorzième appareil ne fonctionne pas. C’est la destruction de toute une flotte aérienne civile.

L’armée en retard
Une heure plus tard, l’armée est sur place, le chef de l’Etat, Charles Hélou, arrive à son tour. Il est accompagné de cheikh Pierre Gemayel, ministre de l’Intérieur. Atterrés, les deux responsables constatent les énormes dégâts causés par le commando israélien. Si les installations de l’AIB ne sont pas touchées, les carcasses des 13 avions témoignent de l’agression israélienne.
Le président Hélou, le Premier ministre Abdallah Yafi et le ministre Gemayel tiennent une réunion d’urgence. Le Liban décide de porter plainte devant le Conseil de sécurité contre Israël pour cet acte criminel portant atteinte à la sécurité du Liban et rappelle à l’Onu son devoir d’agir contre ce genre d’agression. Fouad Boutros, ministre de la Justice, est chargé d’exposer la situation au Conseil de sécurité.
Israël se défend en prenant prétexte de l’attaque par deux fedayin, arrivés de Beyrouth sur un vol d’Air France, contre un avion israélien d’El Al à l’aéroport d’Athènes. Le Liban paie ainsi le prix des actions des fedayin qui prenaient beaucoup d’ampleur sur son terrain. Il était tenu pour responsable de l’autorisation accordée aux membres du Front populaire pour la libération de la Palestine de s’entraîner sur son sol.
Le 31 décembre, le Conseil de sécurité rend son verdict. Il condamne l’agression israélienne à l’unanimité de ses membres et adresse à l’Etat hébreu un avertissement, le menaçant «d’autres mesures que le Conseil pourrait envisager si de tels actes se répétaient». Piètre consolation pour le Liban auquel est reconnu le droit à «une réparation appropriée pour les destructions subies».
Malgré l’armistice conclu en 1949, Israël n’a jamais hésité à agresser le Liban sous divers prétextes.
Mais le plus étrange, c’est l’absence d’une quelconque riposte des organes libanais contre cette agression. Le commando israélien est venu et reparti sans être nullement inquiété. Les médias ont tenté de sauver la face en affirmant que les Forces de sécurité intérieure (FSI) avaient tiré contre les agresseurs. Le 31 décembre, les fedayin lanceront huit roquettes sur la Haute-Galilée.
Cette première agression israélienne d’envergure sera suivie d’une longue série d’attaques, jusqu’à la première invasion israélienne du Liban, dix ans plus tard, en 1978.

Arlette Kassas

 

N.B: Les informations de cet article sont tirées du «Le Mémorial du Liban: Le mandat Charles Hélou» de Joseph Chami.




Manifestations de protestation
Suite à l’agression israélienne, les étudiants de l’Université arabe et des Makassed décident de faire la grève et demandent l’ouverture d’une enquête sur les raisons qui ont poussé les organes de sécurité à s’abstenir de répondre et de prendre des sanctions contre les responsables.  









 

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Éditorial
Il faut sauver Ras Beyrouth!

Les Libanais d’un certain âge, dont la mémoire n’est pas encore défaillante, peinent sans doute à reconnaître, dans le Liban d’aujourd’hui, le pays ouvert, pluraliste, généreux, tolérant et cosmopolite, qu’ils ont connu. Cloisonné actuellement aux niveaux horizontal et vertical, le pays est compartimenté sur les plans communautaire, social, culturel et économique. Les Libanais ne vivent plus ensemble, mais côte à côte, parfois sans jamais se rencontrer. Toutes ces mini-entités, même additionnées, ne forment pas le Liban dans lequel nos pères et nos grands-pères ont vécu et qu’ils ont tant aimé. Chaque entité évolue dans un espace géographique qui lui est propre, avec ses particularités, ses exceptions et ses anomalies, qui ne se mélangent pas à celles des autres, comme dans un vase clos. La symbiose, souvent source de richesse et d’épanouissement, n’est plus qu’un lointain souvenir, une notion barbare, pour ceux qui ne la comprennent pas. Une hérésie qu’il faut extirper, un mal qu’il faut éradiquer. La situation aurait pu être désespérante si des Libanais n’avaient pas affirmé, contre vents et marées, leur attachement au Liban authentique. Ce Liban-là, c’est à Ras Beyrouth que l’on peut encore le vivre et le pratiquer. Dans ce secteur, on reconnaît tous les attributs et les qualités du vrai Liban. A Hamra et dans les rues adjacentes, la femme voilée et la jeune fille au décolleté généreux font du lèche-vitrine bras dessus bras dessous. Le barbu à la jallabiya croise, en allant faire la prière de l’aube, des jeunes gens éméchés, qui ont tiré un peu trop sur la bouteille pour célébrer un joyeux événement. Le sunnite, le chiite, le druze, le chrétien, l’Arménien, vivent et travaillent dans les mêmes immeubles, en parfaite intelligence. Leurs mosquées et leurs églises sont à chaque coin de rue. Les riches et les moins riches fréquentent les mêmes lieux. Libanais, Syriens, Européens et Américains sirotent un verre dans les mêmes cafés-trottoirs, étudient sur les mêmes bancs d’université. Le tout dans une ambiance sereine et conviviale. Ras Beyrouth est le dernier endroit du Liban où autant de communautés religieuses, de nationalités et de cultures différentes se croisent à chaque instant du jour et de la nuit. C’est ce brassage, où chacun a l’opportunité de connaître l’autre sans perdre sa propre identité, qui constitue la véritable marque de fabrique du Liban. En renaissant de ses cendres, après une traversée du désert de plusieurs années, Ras Beyrouth offre la preuve que le Liban n’est pas mort. Mais les pulsions maléfiques sont là, à l’affût de la moindre occasion pour détruire ce modèle et empêcher qu’il ne fasse tache d’huile. De vieilles bâtisses sont démolies pour céder la place à des tours anonymes; d’anciennes enseignes disparaissent pour être remplacées par les marques de la consommation effrénée et maladive; des chantres de la pensée unique et de l’exclusion religieuse et culturelle pointent le bout du nez. Pour sauver le Liban, il faut préserver Ras Beyrouth.


 Paul Khalifeh
   

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