Ibrahim Kanaan, député CPL du Metn. 900 000 réfugiés syriens au Liban
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Nº 2884 du vendredi 15 février 2013

Ibrahim Kanaan, député CPL du Metn. 900 000 réfugiés syriens au Liban

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    Ibrahim Kanaan, député CPL du Metn. 900 000 réfugiés syriens au Liban
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«Lorsque nous avons réclamé le contrôle des frontières, on nous a taxés de racistes. Aujourd’hui, les rapports officiels avancent le chiffre de 900 000 réfugiés syriens. Ces chiffres ont été sujets à débat au palais présidentiel en présence des chefs des organes de sécurité et de quelques ministres». Interview du député du Metn Ibrahim Kanaan, président de la Commission parlementaire des Finances.

Les échanges d’accusations et les polémiques entre le Moustaqbal et vous ont repris de plus belle. Le livre que vous venez de lancer L’acquittement impossible, est un amas de mensonges, disent-ils, c’est le général Aoun qu’il est impossible d’innocenter avec le lourd bilan qu’il traîne…
C’est le langage habituellement utilisé par le Moustaqbal. Quand vous lui dites, il n’est pas permis d’attaquer l’armée, il vous répond: levez le siège de Ersal. Au chapitre électoral, il clame son attachement à la parité et au partenariat national, fait les plus belles promesses à ses alliés et, en fin de compte, il refuse même de participer au débat sur une loi qui assure cette parité. Au niveau financier, le Courant du futur a été chargé du Trésor pendant 18 ans. Tout le monde sait que le livre est bâti sur les minutes de l’Assemblée générale du Parlement depuis que le ministre Fouad Siniora a pris en main ce ministère. Les autres minutes sont secrètes. C’est dommage qu’ils ne lèvent pas le secret sur les résumés de la Commission des Finances et du Budget. Les gens auraient su comment cela se passait.


Quelles sont les infractions que vous dénoncez?
Le président Siniora avait promis en 1993 de livrer les comptes englobant toutes les années précédentes en l’espace de trois mois. Nous voilà en 2013 et il ne s’est rien passé. Ils font des dépassements qui se chiffrent à des milliards de dollars et ne soumettent le budget qu’un an plus tard, une fois que les dépenses sont faites. Nous relevons le gaspillage dans les crédits au Trésor, le transfert de prêts et de dons directement vers des comptes privés sans que le Trésor ne sache à quoi ils ont servi. Malgré toutes ces malversations qui ont atteint 17 milliards de dollars, le Moustaqbal répond par des propos généralistes. J’aurais souhaité qu’ils répondent aux 16 chapitres du livre. Le livre est basé non seulement sur les rapports du ministère des Finances et les minutes du Parlement, mais aussi sur les décisions juridiques émanant de la Cour des comptes qui comptent 14 décisions. On ne réagit pas à ces données par des accusations en l’air? Sur quoi se sont-ils basés pour les lancer?

Le Bloc du Moustaqbal estime que vous cherchez à couvrir la corruption propagée parmi les ministres du CPL. Qu’avez-vous à dire pour vous défendre?
Je souhaite qu’on nous montre du doigt cette corruption. Toutes les plaintes qu’ils ont déposées leur ont été retournées par les instances juridiques, qu’il s’agisse de la Cour des comptes ou du procureur général des Finances. Nous avons vu les résultats de l’affaire du mazout rouge, nous avons vu à qui appartiennent les sociétés. J’ai écouté les débats au Parlement et j’ai trouvé que les seules sociétés impliquées sont celles qu’ils se partagent historiquement. Ils ont dénoncé la privatisation de la collecte des factures d’électricité. Qu’ils nous disent quelle a été la réponse de la Cour des comptes concernant les prérogatives du ministre, alors qu’ils ont prétendu qu’il n’avait pas le droit de signer ce genre de contrat. La Cour des comptes entend les plaintes du député Ghazi Youssef depuis un mois. Où sont les documents? Qu’ils les présentent!

Que dites-vous des propos du président Mikati sur la livraison des datas quand il est le seul habilité à prendre ce genre de décision?
Il est clair que Taëf a dépouillé le président de la République de ses prérogatives et les a transférées au Conseil des ministres réuni. Par conséquent, il a donné au ministre une compensation qui consiste en de larges pouvoirs au sein de son ministère. Tel est le principe constitutionnel, c’est pourquoi le Premier ministre ne peut, en aucun cas, être le seul maître. Le régime libanais est basé sur l’équilibre confessionnel entre les institutions, tout ce qui donne à l’un des pouvoirs toutes les prérogatives en la personne de son chef est contraire au Pacte national. Pour ce qui est des données sur les écoutes téléphoniques, la loi 140 donne au ministre le pouvoir de les transmettre après approbation de la Commission juridique… C’est clair. Lorsque le Conseil des ministres a dernièrement décidé de transmettre exceptionnellement ces données suite à l’assassinat du général Wissam el-Hassan, la Commission juridique avait approuvé la requête. Mais aujourd’hui, cela concerne «All Data» pour une période indéterminée, et cela par décision du Premier ministre, en dépit de la Constitution, du Pacte et de la loi 140.

Pourquoi le ministre refuse-t-il de transmettre les données?
Le ministre ne rejette aucune requête. Il reçoit chaque mois quelque 300 demandes qu’il signe et il délivre les données aux forces de l’ordre. Mais cela reste lié au cas par cas pour une raison, celle de ne pas transmettre tous les contacts de tous les Libanais pour protéger leur vie privée.

Mais le président Mikati a fait assumer à Nicolas Sehnaoui la responsabilité de tout incident sécuritaire au cas où les données téléphoniques ne sont pas transmises aux FSI?
Je ne crois pas que cette position soit très réfléchie. Cela signifie porter atteinte à un ministre qui ne fait qu’appliquer la loi. Son rôle est administratif, technique. Il suffit que la Commission juridique lui donne le feu vert pour qu’il libère les données. Ce qui se passe aujourd’hui, est une façon de faire pression sur le ministre pour qu’il enfreigne la loi. Quant aux surenchères en matière de sécurité, elles sont déplacées.

Quelle est la vérité sur le rôle du Hezbollah dans l’affaire de Ersal?
Toutes les occasions sont bonnes pour pointer le Hezbollah du doigt! Avez-vous une armée ou pas? L’enquête militaire a été faite, il existe des témoignages de soldats et de personnes présents sur place… Avons-nous confiance dans notre institution militaire? Tous les rapports confirment que la patrouille avait été chargée d’une mission déterminée concernant Khaled Hmayed. Introduire des affaires internes et alimenter les tensions pour couvrir un crime de cet ordre ne sont pas permis.

Le cheikh Ahmad el-Assir et d’autres ont exprimé leur solidarité avec Ersal, et demandé les raisons pour lesquelles l’armée ne pénètre pas dans la banlieue-sud.
Mon nom est Ibrahim Kanaan et l’armée peut aller là où elle le désire à mon avis. Nul n’a le droit de lui demander pourquoi. Ni Ahmad el-Assir, ni personne ne peut détourner l’attention de ce crime perpétré contre les Libanais. Nous voulons demander des comptes, nous n’attendons pas des arrangements à la libanaise…

Sur le dossier des déplacés syriens, on vous accuse d’avoir une approche raciste de la question…
Lorsque nous avons réclamé le contrôle des frontières, on nous a taxés de racistes. Aujourd’hui, les rapports officiels avancent le chiffre de 900 000 réfugiés syriens. Ces chiffres ont été sujets à débat au palais présidentiel en présence des chefs des organes de sécurité et de quelques ministres.

Que pensez-vous des débats de la sous-Commission sur la loi électorale et de l’approbation du mode de scrutin mixte par le Moustaqbal?
Nous ne percevons aucune volonté politique sérieuse du côté du Moustaqbal pour remplacer la loi de 1960. Ces gens manœuvrent… Nous n’accepterons aucune loi électorale qui n’assure pas une véritable parité entre chrétiens et musulmans conformément à l’article 24 de la Constitution et au Pacte national. Nous n’accepterons pas moins de 64 députés élus par les voix chrétiennes.

Et si le chiffre atteignait 55 députés chrétiens?
C’est l’avis d’Ahmad Fatfat, mais où ont donc été élaborées ces études et par qui?

Ce qui signifie que vous êtes toujours attachés au projet de loi orthodoxe?
Nous voulons des élections qui instituent une union nationale véritable qui permette aux chrétiens d’élire leurs députés. Il n’y a que le projet orthodoxe qui répond à cette exigence. Comment font-ils le décompte des 55 députés? Nous avons vécu de 1990 à 2009 avec 15 députés élus par les chrétiens. La situation s’est améliorée à Doha et nous sommes parvenus à 34. Pourquoi? Pourquoi cet outrage? En quoi le projet orthodoxe influe-t-il sur les voix chiites et sunnites? Va-t-il faire perdre au Moustaqbal son impact sur les sunnites? Certainement pas. Est-ce que Amal ou le Hezbollah ou encore Walid Joumblatt vont voir leur leadership ébranlé? Certainement pas. Seuls les chrétiens risquent de perdre si cette loi n’est pas adoptée. Le projet orthodoxe leur fera juste perdre les sièges chrétiens qu’ils ont usurpés après Taëf à travers des lois mises au temps de la tutelle, et qu’ils ne sont pas prêts à libérer même après le retrait syrien du Liban.

Propos recueillis par Saad Elias

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Éditorial
L’utopie du changement

Parler de déconfessionnalisation au Liban tient de l’utopie. Preuve en est l’affaire du mariage civil optionnel qui, pour la deuxième fois, est mise sur le tapis et toujours rejetée des autorités religieuses, mais pas seulement. Une affaire ridicule s’il en est. Ce n’est, certes pas la première du genre, mais c’est, sans doute, la plus incompréhensible pour les esprits même les plus éclairés. Les couples libanais mariés à l’étranger devant M. le maire ou un notaire, sont inscrits aux registres de l’Etat-civil de leur pays et sont soumis à ses lois. Ils en sont privés s’ils se marient devant une autorité civile de leur propre patrie. Une mascarade qui remonte loin dans notre Histoire. Ceci fait sans doute l’affaire des pays qui accueillent les candidats au mariage civil. Mais quelle hypocrisie! Une de plus. Partant de là, comment ne pas comprendre la difficulté de s’entendre sur une loi électorale? Chaque communauté ne chercherait-elle pas à garantir ses propres intérêts à travers les urnes? Ne rêvons pas. Nous ne sommes pas près de pouvoir vivre en commun au sein d’une administration laïque tout en respectant les croyances religieuses de chacun. Les exemples qui étayent cette conviction ne manquent pas. Mais la terre s’est arrêtée de tourner au Liban. Les citoyens retiennent leur souffle. Et ce n’est certainement pas dans l’attente d’un projet de loi électorale. Car tout laisse croire que l’on reviendra, sauf surprise ou même miracle de dernière minute, aux formules du passé, amendées «exceptionnellement et pour une fois». Rares sont ceux qui, au Pays du Cèdre, croient encore au changement. On en est arrivé même à souhaiter un retour en arrière lorsque les nationaux ne rêvaient que d’une chose: aller de l’avant et moderniser les institutions. Autre utopie. Les grèves et les manifestations continuent de menacer les gouvernants qui croient pouvoir faire diversion en mettant des problèmes sur le tapis, les uns chassant les autres, dans l’espoir de fatiguer et de lasser les citoyens. La crise économique et sociale touche de plus en plus toutes les couches de la société et non uniquement les moins nantis. A la veille de chaque Conseil de ministres, les sujets inscrits à l’ordre du jour impressionnent par le nombre. Ils portent en général sur des questions d’ordre secondaire qui ne sont pas pour autant facilement réglées. Optimistes, malgré tout, les Libanais attendent toujours des décisions susceptibles d’améliorer leur quotidien. Mais en vain. Les rumeurs vraies ou fausses sur des faillites de tous genres, le chômage sans cesse en hausse, l’insécurité physique et morale qui plane sur l’ensemble du territoire, autant de facteurs d’angoisse pour les chefs de familles qui craignent pour le présent de leurs enfants avant de s’inquiéter de leur avenir. Tout semble se figer dans l’attente de cette loi magique qui fera parvenir sur les bancs de l’hémicycle les élus. Ils seront, hélas à peu d’exceptions près, comme tout semble l’annoncer, en 2013 les mêmes qu’en 2009 et, peut-être qui sait, en 2017. Le Liban, qui peut se vanter des qualités incontestables de ses citoyens, dont les talents et les compétences sont reconnus dans le monde, perd d’année en année cette richesse humaine. Les multiples alertes n’ont pas empêché le pays de vieillir. Plutôt que de bénéficier des galons prestigieux que lui offrent quatre grandes universités, jadis enviées de tous ses voisins, il se transforme au fil des ans en «pays de retraite». De plus en plus, ne restent dans le pays que ceux qui n’ont pas d’autre choix. Ou ceux qui ont fait la richesse des pays d’accueil et qui, nostalgiques, rentrent au bercail pour retrouver la douceur de vie qu’ils y avaient jadis connue. On ne fera jamais assez appel à la jeunesse d’aujourd’hui. Il serait temps qu’elle se soulève contre ce qui lui est imposé. Elle seule peut faire bouger les choses et dynamiser les structures vieillissantes et croulantes. Face à cette situation qui s’enlise, de jour en jour, dans une routine dont se contentent ceux qui restent dans le pays, les coups de gueule, expressions des déceptions mais aussi des ambitions, ne varient pas non plus.


 Mouna Béchara
   

Santé

Journée mondiale contre le cancer. Combattre les idées reçues
Dissiper les mythes et les idées fausses qui circulent à propos du cancer. Tel est l’objectif d’une conférence organisée conjointement…

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