L’environnement sinon rien. Et le combat se poursuit
Logo

Nº 2901 du vendredi 14 juin 2013

L’environnement sinon rien. Et le combat se poursuit

  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    L’environnement sinon rien. Et le combat se poursuit
    Pour la Journée internationale de l’Environnement, célébrée le 5 juin, le Cénacle libanais pour la protection de l’environnement a choisi de rassembler étudiants, spécialistes et citoyens à l’Université du Saint-Esprit...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Pour la Journée internationale de l’Environnement, célébrée le 5 juin, le Cénacle libanais pour la protection de l’environnement a choisi de rassembler étudiants, spécialistes et citoyens à l’Université du Saint-Esprit de Kaslik pour mettre quelques points sur les «i». Le thème choisi… l’environnement. Antoine Békhazi et Adel Cortas, tous deux intervenants du séminaire, reviennent pour Magazine sur ce sujet important.

«Pourquoi donc s’acharner vainement à chercher midi à 14h, puisque fixe, stable et inchangeable pour rester, éternellement, au juste milieu de chaque jour. Finissons-en et acceptons de respecter, à tous égards, l’environnement en l’épargnant et en le mettant à l’abri de toute agressivité et de toute brutalité, sous toutes leurs hideuses formes les plus diverses», écrit Antoine Békhazi, président du Cénacle libanais pour la protection de l’environnement.
Dans son bureau de Dora, l’homme aux mille et une décorations, impliqué dans les thématiques de l’environnement depuis 50 ans, n’hésite pas à répéter inlassablement le même discours dans l’espoir d’être entendu. «L’environnement, symbole de vie, appartient à tous les citoyens. C’est une culture, une éducation, une fin en soi. Respecter l’environnement, c’est se respecter, car si la santé n’est pas bonne, c’est la vie qui en souffre. Alors sans aucun doute, l’environnement est la priorité des priorités».
Depuis trente-quatre ans, le Cénacle poursuit sans répit son combat de sensibilisation et de responsabilisation des dirigeants et des citoyens libanais aux problématiques de l’environnement. Leurs armes, des publications et des conférences à l’image de celle organisée pour la célébration de la Journée internationale de l’Environnement, le 7 juin dernier à l’Usek, sous le haut patronage du patriarche maronite, le cardinal Béchara Boutros Raï.
«Peu importe le nombre de participants, ce qui compte c’est qu’ils viennent de toutes les régions du Liban et appartiennent à différentes communautés, affirme Békhazi. L’environnement appartient à tout le monde, il n’a pas de parti et n’est pas politisé».
A la tribune en ce 7 juin, se sont succédé Antoine Békhazi, l’écrivain et chercheur sayyed Hani Fahs, Elie Choueiri pour la FAO, Fadi Comair, directeur général des Ressources hydrauliques et électriques, et l’ancien ministre de l’Agriculture, Adel Cortas.
Cortas a concentré son intervention sur le traitement des eaux usées au Liban. Un sujet qu’il évoque de nouveau pour Magazine en aparté. Et c’est Zahlé, sa ville natale, qu’il prend en exemple pour démontrer une situation généralisée préoccupante. «A Zahlé, les eaux usées sont déversées dans le Berdaouni qui sert à l’irrigation des terrains agricoles de la région. Imaginez-vous toutes les bactéries, tous les virus, les métaux lourds parfois cancérigènes présents dans ces eaux usées? A un moment donné, à Zahlé, tout le monde a eu la typhoïde», raconte l’ancien ministre.
Proposée pourtant dès 1990, ce n’est que dernièrement que la municipalité de Zahlé, grâce à un don du gouvernement italien, voit se construire sa station d’épuration. «Le tout est de savoir si la municipalité a les ressources pour la faire fonctionner, car aujourd’hui encore, nous polluons le Litani, poursuit Cortas. Or, certaines études sont en cours pour amener de l’eau du Litani à Beyrouth».
Alors que la communauté internationale se montre très généreuse sur l’octroi de financements pour édifier ces stations d’épuration, pour Adel Cortas, le problème ne s’arrête pas aux constructions physiques. «C’est simple; aujourd’hui au Liban, aucune station d’épuration ne marche. A Baalbeck par exemple, la Banque mondiale a mis sur la table 22 millions de dollars pour faire une station d’épuration, une très belle installation. Mais la municipalité ne sait pas comment la faire fonctionner, ni en assurer la maintenance. Alors, ils continuent à déverser leurs eaux usées comme avant». En tout, 600 000 dollars auraient été dépensés pour traiter les eaux usées de 80% du territoire. A qui incombe la responsabilité de cet immobilisme? Selon l’ancien ministre de l’Agriculture, la faute reviendrait à une mauvaise coordination entre tous les acteurs impartis et ils sont nombreux: le Conseil de développement et de reconstruction (CDR), les ministères de l’Eau et de l’Energie, de l’Agriculture, de l’Environnement et de l’Intérieur et les municipalités. «Je propose de mettre en place un conseil national autonome constitué des représentants de toutes les administrations et présidé par le directeur général des Ressources hydrauliques du ministère de l’Eau et de l’Energie. Si on réunit toutes les bonnes volontés, avec une décentralisation des pouvoirs, je suis certain que l’on peut aboutir à un bon travail».
D’autre part, le président des Amis de l’Eau au Liban note qu’il serait bon d’exiger des bailleurs de fonds de passer trois ans minimum à former les ouvriers, les directeurs et les chefs de service qui seront en charge du bon fonctionnement des stations. La mise en route de ces usines de traitement des eaux usées, un impératif mais pas une fin en soi. Car les différents responsables devront alors discuter des différentes alternatives possibles quant à la destination finale de la boue d’épuration, ces déchets filtrés lors du traitement de l’eau.  
«A vous dire la vérité, le gouvernement libanais a fait, en 1994, un bon travail en créant un ministère de l’Environnement. Mais est-ce suffisant pour résoudre les problèmes? Je veux que chaque ministère soit responsable vis-à-vis de l’environnement, à commencer par celui de l’Agriculture à travers la sylviculture, la foresterie. Aujourd’hui, seuls 65 000 hectares de terrains sont boisés, détaille-t-il. Il faut augmenter ce chiffre au moins de 50% sur dix ans et c’est au ministère de l’Agriculture d’agir. Le ministère de l’Intérieur a la responsabilité, entre autres, de bien former les municipalités pour la collecte des égouts. Le ministère de la Santé doit s’occuper de savoir comment traiter les déchets hospitaliers, etc. Le ministère de l’Environnement, quant à lui, a un rôle de suivi. Il doit pousser les autres ministères à devenir environnementalement responsables», souligne-t-il.
Et si, d’après Antoine Békhazi, la route est longue avant d’obtenir des résultats satisfaisants en termes d’environnement, il propose, dans la Revue du Cénacle, 29 recommandations, parmi lesquelles le reboisement intensif, la nécessité de créer des jardins suspendus surtout dans les villes, de réimposer l’usage des pots catalytiques, rétablir la Police Verte qu’ils réclament depuis plus de dix ans ou encore encourager et étendre l’usage de l’énergie solaire. Autant dire que le futur gouvernement libanais aura du pain sur la planche pour rendre le Liban un peu plus vert.

Delphine Darmency

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Les sages introuvables

C’est une bien triste image que le Conseil constitutionnel a offert aux Libanais, qui cherchent désespérément à s’accrocher à un débris d’institution ou à un semblant d’Etat, dans un pays en perdition. Censés être des exemples de probité morale et d’indépendance d’esprit, des hommes modèles évoluant au-dessus de l’infecte tambouille sectaro-politicienne qui empoisonne la vie des citoyens, certains membres de ce Conseil ont prouvé qu’ils étaient un pur produit du système pourri, rongé par la gangrène du confessionnalisme. En provoquant, à deux reprises, un défaut de quorum empêchant le Conseil d’examiner les recours en invalidation de la prorogation du mandat du Parlement, les trois membres qui se sont absentés ont prouvé qu’ils étaient mus, en priorité, par leur appartenance confessionnelle, par ces quelques lettres inscrites sur leur carte d’identité. Les années d’études, les décennies d’expérience, tout le Savoir accumulé durant leur vie, n’ont pas fait le poids devant les pressions et les «conseils» des princes de leurs communautés. Leur attitude est regrettable. Leur opinion n’a pas d’importance, leur avis constitutionnel non plus. Il leur a été demandé de ne pas se rendre aux réunions, un point c’est tout. Encore faut-il espérer que le facteur qui leur a transmis la «recommandation» ait eu la délicatesse de leur donner une explication… rien n’est moins sûr. Le comble de l’affliction serait d’apprendre que ceux qui ont décidé de prendre part aux réunions l’ont fait non par conviction, mais aussi pour répondre à des conseils et des souhaits émanant des seigneurs de leurs communautés. Le but de notre propos n’est pas de défendre la tenue prochaine des élections ou, au contraire, la prorogation pour une longue durée du mandat de la Chambre, mais de constater qu’aucune institution n’est épargnée par le pourrissement. La polarisation a atteint des extrêmes inégalés même pendant la guerre civile, au cours de laquelle l’Etat avait résisté à l’invasion milicienne. Cependant, la guerre s’est terminée par l’intégration des milices au sein de l’Etat et aujourd’hui, le système, déjà archaïque à l’origine, est contrôlé de l’intérieur par ceux-là mêmes qui cherchaient à le détruire, il y a un quart 
de siècle. Dans des circonstances aussi peu encourageantes, peut-on avoir encore confiance dans la pertinence et la justesse de la décision du Conseil constitutionnel, quelle qu’elle soit? Le salut ne viendra ni des élections ni de la prorogation. La première hypothèse reproduira la classe politique, envahissante et incompétente, et clonera les rapports de force qui nous tiraillent aujourd’hui. Les Libanais seront condamnés à barboter quatre années supplémentaires dans la même sauce pestilentielle. La deuxième ne fera qu’acheter une rallonge à cette sauce répugnante. Il s’agit des deux faces d’une même médaille. Pour éviter de sombrer dans l’abîme sans fin de la discorde communautaire qui tambourine à nos portes, il est nécessaire de jouer cartes sur table, d’initier un dialogue franc et sincère sur les questions qui divisent et les sujets 
qui fâchent. Pour cela, il faut des hommes courageux. Les sages, eux, sont depuis longtemps introuvables.


 Paul Khalifeh
   

Santé

Le dysfonctionnement érectile chez les hommes. Un traitement prometteur
Le dysfonctionnement érectile (DE) touche 16% des hommes entre 20 et 75 ans. Il se traduit par l’incapacité persistante d’obtenir…

Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved