Trois millions de pèlerins aux JMJ. Le pape infatigable charme la jeunesse
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Nº 2908 du vendredi 2 août 2013

Trois millions de pèlerins aux JMJ. Le pape infatigable charme la jeunesse

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    Trois millions de pèlerins aux JMJ. Le pape infatigable charme la jeunesse
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Ils étaient trois millions à assister à la messe d’adieu célébrée par le pape François sur la plage de Co pacabana, à Rio, en clôture aux Journées mondiales de la jeunesse. L’événement est un succès pour le Saint-Père qui a placé l’Eglise devant deux défis: l’évangélisation et l’aide aux pauvres.

«Je pars le cœur plein d’heureux souvenirs. En ce moment, je commence à sentir la nostalgie du Brésil, ce peuple si grand au cœur large; ce peuple si amical». Ces mots d’adieu, le pape François les a prononcés dimanche avant de prendre l’avion pour Rome après avoir présidé à Rio de Janeiro les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), pour le premier voyage international de son pontificat débuté en mars.
Au Brésil, le pape a défendu une Eglise simple, tournée vers les pauvres, et appelé les jeunes catholiques à évangéliser «sans peur» de par le monde, «jusque dans les périphéries existentielles».
Infatigable, le pape de 76 ans a déployé une énergie débordante, multipliant les rencontres avec les jeunes, mais aussi avec les habitants d’une favela, d’anciens drogués ou des détenus.
Avant son départ, il a rencontré le comité de coordination du Conseil épiscopal latino-américain, achevant ainsi le premier voyage à l’étranger de son pontificat. Devant les évêques, le pape a déclaré que l’Eglise doit réapprendre «la grammaire de la simplicité», ainsi que la vertu de l’humilité, qui est «l’ADN de Dieu». Analysant les raisons de la désaffection qui frappe l’Eglise catholique, notamment au Brésil où des millions de croyants se sont détournés du catholicisme pour rejoindre les Eglises évangéliques néo-pentecôtistes, il avait lancé cette réflexion: «L’Eglise est peut-être trop éloignée de leurs besoins, peut-être trop pauvre pour répondre à leurs inquiétudes, peut-être trop froide, peut-être trop autoréférentielle, peut-être prisonnière de ses langages rigides?».
Il a exhorté les prêtres «à ne pas rester enfermés dans leurs paroisses», mais à «sortir» pour évangéliser ceux qui sont loin et à «aller dans les favelas chercher et servir le Christ».
Samedi soir, le souverain pontife avait invité les jeunes catholiques à suivre les pas de Jésus en s’engageant sur le terrain social et politique pour «changer le monde». Il s’exprimait devant trois millions de pèlerins du «Woodstock catholique», qui ont transformé en gigantesque terrain de camping la plage de Copacabana pour une veillée de prière. «Les jeunes dans les rues veulent être les acteurs du changement. S’il vous plaît ne laissez pas les autres devenir les acteurs du changement. Ne restez pas au balcon de la vie, Jésus n’y est pas resté. Il s’y est engagé! Engagez-vous-y comme l’a fait Jésus», leur a-t-il lancé.

Foule en liesse
Ces propos ont pris une résonance particulière au Brésil, où la jeunesse est entrée en révolte en juin pour réclamer une amélioration des services publics et crier son exaspération de la corruption et de la classe politique. Le pape avait déjà incité les jeunes catholiques à mettre un peu de «pagaille» pour sortir l’Eglise de sa torpeur.
Le périple du pape, depuis l’aéroport Tom Jobim, où il était arrivé, vers le centre de Rio, avait parfois été mouvementé. Des fidèles exaltés ont bloqué par moments la progression du véhicule du Saint-Père qui les saluait par la fenêtre ouverte.
Arrivé à la Cathédrale métropolitaine de Rio, le pape est ensuite monté à bord d’une jeep blanche découverte et s’est offert un premier bain de foule triomphal à travers les grandes avenues du centre de la ville.
Des dizaines de milliers de pèlerins, chantant et dansant, arborant les couleurs du Vatican ou de leurs pays d’origine, ont acclamé le premier pape latino-américain de l’Histoire. «Je suis venue voir un changement, quelque chose de nouveau, de rafraîchissant (...) quelqu’un qui prend les jeunes en compte. Il sait ce que nous sentons, nous sommes les piliers de l’Eglise», s’enthousiasmait Anaia Betarte, une Uruguayenne de 17 ans.
Mercredi, il s’est rendu au sanctuaire marial d’Aparecida, à mi-distance entre Rio et Sao Paulo, où l’armée a annoncé avoir détruit dimanche un «engin explosif artisanal» de «très faible puissance» trouvé dans les toilettes d’un parking.
Le pape, qui prône le retour à une Eglise missionnaire, a appelé les jeunes à reprendre le flambeau du Christ, lors d’une réception de bienvenue au palais du gouverneur de l’Etat de Rio, en présence de la présidente Dilma Rousseff.
«Le Christ a confiance en eux et leur confie l’avenir de sa propre mission: ‘‘Allez donc, faites des disciples!’’», a-t-il déclaré en portugais.
«Dans Sa tendre Providence, Dieu a voulu que le premier voyage international de mon pontificat m’offre la possibilité de retourner dans cette Amérique latine bien-aimée, concrètement au Brésil», s’est félicité François. «De l’Amazonie à la pampa, des régions arides au pantanal, des petits villages aux métropoles, que personne ne se sente exclu de l’affection du pape», a-t-il assuré.

Recul de l’Eglise
Le nombre de catholiques ne cesse de reculer au Brésil depuis trente ans au bénéfice des Eglises évangéliques. Les catholiques représentaient 64,6% de la population brésilienne en 2010 contre 91,8% en 1970, alors que les Eglises évangéliques sont passées de 5,2% à 22,2% (42 millions), selon le dernier recensement de 2010.
Mais selon un sondage publié lundi, le déclin est encore plus fort chez les jeunes dont seulement 44,2% se déclarent catholiques et 37,6% évangéliques.
Dans l’avion qui l’amenait au Brésil, il avait insisté sur «le risque» de voir une génération entière de jeunes sans travail, tout en fustigeant «la culture du rejet» des personnes âgées. «La crise mondiale ne fait rien de bon pour les jeunes. Nous courons le risque d’avoir une génération qui n’a pas eu de travail, or du travail provient la dignité de la personne», a déclaré le pape aux journalistes qui l’accompagnaient dans son avion.
Le pape François a dit comprendre les jeunes découragés par la politique et ceux qui «perdent la foi» à cause des mauvais prêtres, en allusion aux scandales qui ont éclaboussé l’Eglise catholique. Sur la plage de Copacabana, le pape avait rejoint la cérémonie de la Via Crucis, le chemin de croix, un temps fort des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), acclamé par des centaines de milliers de jeunes hurlant leur enthousiasme à son passage en jeep découverte.
«Chargé de Sa croix», a dit gravement le souverain pontife, Jésus «s’unit aux nombreux jeunes qui ne mettent plus leur confiance dans les institutions politiques, car ils y voient égoïsme et corruption». Une allusion à tous ceux qui, sous toutes les latitudes, et pas seulement au Brésil, sont dégoûtés de leur classe politique et de ses fausses promesses.
Jésus, a-t-il ajouté dans le même souffle, s’unit aussi à ceux «qui ont perdu la foi en l’Eglise, et même en Dieu, à cause de l’incohérence des chrétiens et des ministres de l’Evangile». François, qui a été élu notamment pour réformer l’Eglise, faisait référence aux scandales provoqués par tous les membres du clergé qui font le contraire de ce que l’Evangile professe (pédophilie, corruption, arrogance, mondanité, etc...).
Le pape avait réuni autour de lui huit détenus mineurs de Rio qui lui ont remis en cadeau un rosaire artisanal avec les noms d’enfants des rues tués par la police de Rio en 1993. Il a parlé à chacun et les a réconfortés. Il a encore déjeuné avec douze garçons et filles du monde entier. Très librement, ils ont évoqué les thèmes de la souffrance des enfants, de l’engagement dans l’Eglise, du chômage des jeunes, des vocations religieuses.
Evoquant la politique du gouvernement qui a permis de faire sortir de l’extrême pauvreté quarante millions de Brésiliens au cours de la dernière décennie, le pape a salué «les efforts de la société brésilienne pour intégrer toutes ses composantes». «Aucun effort de pacification ne sera durable, il n’y aura ni harmonie ni bonheur dans une société qui ignore, qui met en marge et abandonne dans la périphérie une partie d’elle-même», a-t-il affirmé. Le Saint-Père avait béni le nouvel autel de la petite église Sao Jeronimo Emiliani, et s’était arrêté un moment dans la maison d’une famille de la favela. Le pape s’est ensuite rendu à la cathédrale de Rio pour une rencontre avec des milliers de ses compatriotes argentins, qui participent aux JMJ catholiques. «Qu’est-ce que j’attends des JMJ? J’attends de l’agitation», les a-t-il exhortés. «Je veux que l’Eglise sorte dans la rue. Les collèges paroissiaux, les institutions doivent sortir dans la rue. Sinon l’Eglise se transforme en une ONG. Elle ne peut pas être une ONG», a-t-il dit.

Rendez-vous à Cracovie en 2016
«Chers jeunes, pour les prochaines Journées mondiales de la jeunesse, nous nous 
donnons rendez-vous en 2016, à Cracovie, en Pologne», a annoncé François à l’issue de la messe de clôture des 28e JMJ de Rio.
Le choix de Cracovie rappelle la mémoire de l’ancien pape polonais Jean-Paul II, qui était originaire de cette région du sud
de la Pologne.
Immensément populaire, fondateur des JMJ, le pape Jean-Paul II, qui sera proclamé saint par François à la fin de l’année, avait présidé, en août 1991, les JMJ au sanctuaire de 
Czestochowa, où est vénérée la Vierge noire tant aimée des Polonais.
Jean-Paul Il avait été archevêque de 
Cracovie, avant d’être élu en 1978 premier pape polonais de l’Histoire.

Incidents à répétition

Selon un sondage publié par le quotidien brésilien Folha, les pèlerins des JMJ sont ainsi opposés à l’avortement (75%) et au mariage gay (67%), mais sont favorables à la 
contraception, qu’il s’agisse du préservatif (65%) ou de la pilule (53%).
Peu après la réunion du pape avec la 
présidente Dilma Rousseff, lundi soir, la police de Rio de Janeiro a dispersé avec des gaz lacrymogènes plusieurs centaines de manifestants à proximité du palais où siège le gouvernement de Rio de Janeiro.
Ils protestaient contre les 53 millions de 
dollars (40 millions d’euros) dépensés pour la visite du pape et les JMJ.

Un groupe d’homosexuels a procédé à un «grand baiser collectif» et des féministes ont protesté seins nus contre la visite du pape.
Le maire de Rio, Eduardo Paes, s’est 
attribué une «note proche de zéro» pour 
l’organisation des JMJ: véhicule du pape bloqué par la foule, panne de métro, etc. Considérées comme le grand test pour la ville qui accueillera plusieurs matchs de la Coupe du monde de football en 2014 et les Jeux olympiques en 2016, les JMJ ont soulevé d’inquiétantes interrogations.

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Éditorial
Libanais, indignez-vous

Eté pourri, saison touristique mort-née, marasme économique, politique et social, c’est ainsi qu’on pourrait décrire la situation du Liban. C’est sans compter avec la fureur de vivre d’une population qui a, maintes fois, prouvé sa volonté de vivre, sa force de résistance et son ressort. Son Histoire est riche en rebondissements plus ou moins heureux. Une guerre de quinze ans, des morts, des destructions, des faillites en tous genres n’avaient pas réussi à tuer le dynamisme des Libanais. Cette année encore, malgré les dangers environnants et menaçants et les prévisions pessimistes; en dépit du nombre galopant et fort inquiétant de «touristes» pour le moins indésirables, le pays ne s’endort pas. Toutes les bonnes volontés se sont rassemblées pour maintenir, sinon la joie de vivre, du moins la détermination à le faire. Ce n’est pas sans étonnement et même admiration que les festivals internationaux ont été maintenus et ont connu un succès inattendu. De Byblos, ville mythique s’il en est, à Jounié, Zouk et Beiteddine, les festivals ont fait le plein. Dans d’autres régions, et dans de nombreux villages, les activités locales ont empêché la morosité de s’installer. Il est vrai pourtant qu’à tous les niveaux, les difficultés quotidiennes se font, de plus en plus, lourdes. Les jeunes diplômés sortant des meilleures universités libanaises enviées par toute la région et à qualité égale avec celles des grandes capitales, sont forcés à leur corps défendant, de quitter leurs familles et leurs amis pour partir à l’aventure en quête, sinon d’une vie meilleure, du moins d’un avenir moins incertain. Tout cela échappe à des dirigeants confortablement installés, inconscients de leurs responsabilités, soucieux de leur propre sort et, à la limite, uniquement de celui de leurs proches et de leurs partisans. Ces derniers devenant de moins en moins enthousiastes à les soutenir. Mais ces messieurs en place en ont-ils conscience? Viendra-t-il le jour où les citoyens se réveilleront pour tenter par tous les moyens, pacifiques mais radicaux, de remplacer une caste en décrépitude par une jeunesse dynamique, actuellement brimée par le poids des familles politiques pour qui la fonction est nécessairement héréditaire? Que peut-on attendre de ceux qui, faisant fi de toutes les considérations, s’entêtent à refuser toute forme de dialogue et toute possibilité de solution? D’un gouvernement démissionnaire qui se complaît dans une forme de léthargie qui, d’ailleurs, gagne toutes les institutions du pays. D’un gouvernement dont la formation est bloquée par la mauvaise foi des uns et des autres. D’une administration paralysée qui souffre de vacances à tous les postes. D’une armée, qui pour son anniversaire, cette année encore, rend hommage à ses martyrs tombés sous les balles des ennemis de l’intérieur. Que le gouverneur de la Banque centrale tienne des propos rassurants sur l’état des finances et de l’économie du pays, on ne peut que le croire. Mais est-ce que cela suffit à assurer aux Libanais à revenus modestes les dépenses indispensables dont la scolarité de leurs enfants est majorée chaque année, pour ne citer que ce chapitre vital? Il n’en reste pas moins que le Liban, tel le phénix, sort sans cesse de ses cendres. Cela grâce aux Libanais et, certainement pas à leurs dirigeants qui, d’ailleurs, ne dirigent rien du tout. Il leur reste pourtant à s’indigner et à réagir, comme Stéphane Hessel appelait les citoyens du monde à le faire.


 Mouna Béchara
   

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