Découverte d’explosifs à Naamé, suspects arrêtés.Une nébuleuse libano-palestino-syrienne
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Nº 2911 du vendredi 23 août 2013

Découverte d’explosifs à Naamé, suspects arrêtés.Une nébuleuse libano-palestino-syrienne

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    Découverte d’explosifs à Naamé, suspects arrêtés.Une nébuleuse libano-palestino-syrienne
    L’attentat de Roueiss, dans la banlieue sud, a été suivi d’une série de révélations choc mettant en relief l’existence d’un réseau libano-palestino-syrien, mêlé aux attentats terroristes frappant actuellement le Hezbollah...
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L’attentat de Roueiss, dans la banlieue sud, a été suivi d’une série de révélations choc mettant en relief l’existence d’un réseau libano-palestino-syrien, mêlé aux attentats terroristes frappant actuellement le Hezbollah à Beyrouth et dans les diverses régions du Liban. Eclairage.
 

En alerte depuis l’attentat de Roueiss, le jeudi 15 août, les services de sécurité ont interpellé ces derniers jours plusieurs personnes suspectées d’appartenir à des cellules terroristes. Ces services ont ainsi réussi à mettre la main sur une voiture piégée prête à l’emploi dans le cadre d’un nouvel attentat, ainsi que sur les membres de plusieurs cellules dormantes.
Selon diverses sources, les renseignements récoltés confirmeraient l’existence d’un réseau regroupant des Palestiniens et des Libanais extrémistes, mais aussi des Syriens, information publiée par Magazine il y a quelques mois déjà. Dans les milieux salafistes et sécuritaires interrogés, on souligne également la possibilité de l’instrumentalisation de ces groupes par un ou plusieurs services de renseignements étrangers.  
Ainsi, l’enquête sur l’attentat de Roueiss qui a provoqué la mort de 27 personnes et de 320 blessés au moins, s’est intensifiée ces derniers jours. Avec en toile de fond plusieurs révélations fracassantes depuis l’arrestation par la Sûreté générale, le 
week-end dernier, de quatre personnes. Ces dernières seraient accusées de faire partie d’un gang de huit suspects impliqués dans des opérations terroristes depuis la découverte d’une voiture bourrée d’explosifs à Naamé, au sud de Beyrouth, juste deux jours après l’attentat de Roueiss.
Samedi 17 août, les agents de la sécurité libanaise ont découvert une voiture contenant plus de 250 kg d’explosifs dans un garage de la ville de Naamé. Les explosifs auraient été destinés à servir à plusieurs autres attentats. Les suspects impliqués dans cette affaire seraient des partisans du cheikh fugitif Ahmad el-Assir, qui a échappé à la justice lors des combats qui ont opposé fin juin ses partisans à l’Armée libanaise et fait une quarantaine de morts à Saïda. La voiture de type Audi a été découverte à proximité du bâtiment de la municipalité de Naamé. Elle était munie de fausses plaques d’immatriculation et contenait cinq barils de TNT, ainsi que 50 kilos de nitrate, autre matière explosive, des détonateurs, des fusibles, ainsi qu’une télécommande permettant de faire sauter des véhicules à distance.
Ce serait un dénommé Mohammad Kassem el-Ahmad qui dirigerait la cellule terroriste. Il était surveillé par les agents de la Sûreté générale avant que sa voiture ne suscite les suspicions d’un voisin qui a fait appel aux agents des forces de l’ordre.

Surveillance des télécoms  
La surveillance des communications téléphoniques d’Ahmad a révélé l’implication de sept autres suspects de nationalité libanaise, syrienne et palestinienne dont Tarek Tayara, Saïd Bahri, Khaled Q. et Fouad Ghayath, un Syrien récemment arrêté dans le secteur de Tariq Jdidé, à Beyrouth. L’arrestation de quatre des suspects a permis de trouver sur l’un de leurs portables un appel au jihad, lancé par un cheikh palestinien du nom d’Ahmad S., ce qui aurait mené à l’arrestation de l’homme de religion. L’enquête aurait démontré les liens tissés entre le cheikh palestinien et Majd el-Assir, frère du cheikh Ahmad el-Assir. Tarek Tayara aurait joué le rôle de coordinateur au sein de cette formation en se déplaçant entre les camps palestiniens. Khaled Q. serait, lui, l’homme de main du cheikh palestinien, alors que Fouad Ghayath aurait été chargé de l’aspect financier de l’affaire.
Les enquêteurs suivent également la piste de la voiture piégée ayant servi dans l’attentat de Roueiss, considérée comme un élément central de l’enquête. Ils tentent de déterminer si la voiture, une BMW 735 noire, est ou non volée. Elle aurait appartenu à une femme druze avant d’être revendue à plusieurs autres personnes. Les experts militaires favoriseraient également la piste d’une voiture piégée dans l’explosion de Roueiss, écartant la possibilité d’un attentat suicide.
En parallèle, les forces de sécurité auraient également arrêté un Libanais Marwan Hamadé (sans relation avec l’ancien ministre) originaire de Yarin, à Abi Samra, bastion du salafisme à Tripoli. Ce dernier se serait lié d’amitié avec un autre détenu, un certain Abou Sleiman, lors de son incarcération à Roumié en raison de son appartenance aux Brigades palestiniennes extrémistes Abdallah Azzam. Abou Sleiman serait actuellement en Syrie où il aurait créé la branche syrienne radicale de Jund el-Cham, dans le secteur du Krak des Chevaliers. Hamadé aurait été relâché mercredi par l’armée, selon des sources salafistes.

La cellule de Daraya
Début août, les enquêteurs avaient appréhendé Ahmad Dakhakhna, un cheikh égyptien marié à une Libanaise et son fils Abdallah, après l’explosion survenue à leur domicile à Daraya. Les deux autres fils de Dakhakhna, Abdelatif et Mohammad, avaient été tués alors qu’ils manipulaient une charge explosive. Mohammad Massoud, ressortissant syrien, a également été arrêté dans cette affaire. Une deuxième charge explosive est retrouvée au domicile de Dakhakhna. Des sources proches de l’enquête précisent qu’ils «font partie d’une cellule terroriste dormante».
Selon le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, Ahmad Dakhakhna a assisté à des réunions présidées par Ahmad el-Assir et aurait recruté des combattants.
L’existence d’une nébuleuse palestino-libano-syrienne, ainsi que la poursuite de la série d’attentats semblent se préciser de jour en jour. «Le rôle des membres palestiniens est avant tout technique en raison de leur connaissance dans le domaine des explosifs. Ils ont également des liens avec certains jihadistes syriens qu’ils ont formés au début de la guerre en Syrie», signale une source sécuritaire. Les régions les plus exposées à une attaque sont, sans aucun doute, les fiefs du Hezbollah, dans le but de saper sa popularité en frappant où cela fait le plus mal. L’engagement indéfectible du Hezbollah en Syrie exacerbera sans doute cette tendance en ramenant le Liban aux années noires de la guerre. L’affaire de Naamé et l’attentat de Roueiss s’inscrivent dans la série sanglante marquée cette année par les attentats visant les convois du Hezbollah dans la Békaa et celui à la voiture piégée à Bir el-Abed, le 9 juillet, ayant fait plus de 50 blessés.

Mona Alami

La psychose
Le directeur intérimaire des Forces de 
sécurité intérieure, le général Ibrahim 
Basbous, a démenti dimanche qu’une voiture piégée ait été découverte près de sa résidence dans la ville de Chhim dans l’Iqlim al-Kharroub. Pour sa part, le ministre de l’Intérieur Marwan Charbel a également démenti les nouvelles dans un message radiophonique à la radio
Voix du Liban.

Anomalies dans Brigades de Aïcha
L’attentat de Roueiss a été revendiqué par la brigade de Aïcha, fille du Prophète. Cependant, de curieux détails ont été relevés par les 
observateurs. Selon le cheikh salafiste Bilal 
Dokmak, plusieurs faits apparus dans la vidéo diffusée sur YouTube sont tout à fait contraires aux us et coutumes islamistes auxquels la Brigade radicale prétend adhérer. Les militants sont, en effet, vêtus de jeans et l’un d’entre eux porte deux bagues, contrairement aux usages en cours dans le monde islamiste. L’étendard de l’islam est également de couleur blanche au lieu du noir arboré par les fondamentalistes.

Assir resurgit
En cavale depuis la bataille de Abra, le cheikh extrémiste Ahmad el-Assir s’est manifesté à travers un nouvel 
enregistrement sonore. L’imam sunnite a estimé que l’attentat à la voiture piégée, jeudi dernier, était «le résultat des crimes perpétrés par le Hezbollah contre les frères en Syrie». Selon Assir, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a utilisé, dans son dernier discours, le terme «takfiriste» afin de justifier la «guerre contre le sunnisme» qui serait susceptible de 
causer du tort aux chiites.

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Éditorial
La chute fut violente

Ce 15 août 2013, marqué d’une pierre noire, a semblé pourtant devoir provoquer un choc positif sur la scène nationale. Mais le miracle n’a pas eu lieu et l’émotion qui a gagné les différents antagonistes n’aura duré que quelques heures. L’odieux, l’indescriptible crime perpétré à Roueiss, quartier populaire et surtout populeux de la banlieue sud de la capitale, l’intolérable spectacle des membres déchiquetés, des corps d’enfants méconnaissables, des survivants en quête de leurs proches et, enfin, le désastre de ceux qui ont tout perdu, leurs maisons comme leurs biens, avaient secoué les Libanais toutes tendances confondues. Nous avons tous écouté les leaders des différents bords et confessions dénoncer avec virulence l’attentat perpétré contre des innocents. Certains même sont venus de loin partager sur les lieux les souffrances des innocentes victimes de ce désastre difficile à vivre. Nous avons pu croire, l’espace d’un moment, à de possibles retrouvailles libanaises. Nous avons même eu l’illusion tellement éphémère d’un possible dialogue. Mais, avant même que les morts ne soient reconnus et recensés, que les blessés ne soient transportés vers les hôpitaux, que les rues ne soient déblayées, les traditionnels échanges d’accusations et des mots d’oiseaux refaisaient surface. Au milieu des ruines et des désastres, les meurtriers et leurs commanditaires étaient déjà pointés du doigt avec une conviction désolante en l’absence encore de tout indice et avant tout début d’enquête sérieuse. Mais alors que l’on entendait, sans beaucoup y croire, mais avec une lueur d’espoir, sayyed Hassan Nasrallah, appeler d’une voix calme les forces du pays à dépasser leurs sensibilités communautaires pour resserrer les rangs, la désillusion ne tarda pas. Elle fut brutale. En quelques phrases, et sur le ton provocateur et agressif qu’il manipule à volonté, le secrétaire général du Hezbollah annonçait sans ambages, et en termes virulents, à ceux qui rejetaient la faute de l’horrible drame à son implication en Syrie, sa détermination à poursuivre sa croisade auprès du régime syrien. La douche froide fut difficile à supporter. Son discours n’avait plus rien d’apaisant, bien au contraire. Ainsi, en quelques mots, il a balayé toutes les illusions de ceux qui, naïvement, avaient espéré, faute de pouvoir y croire, que l’explosion l’aurait amené à plus de sagesse nationale et lui ferait renoncer à une guerre qui ne concerne pas son pays et qui attirait autant les peurs de ses compatriotes que les menaces à peine voilées des pays arabes avant même celles des Occidentaux. Accusé de défendre l’intérêt du régime Assad et celui de l’Iran avant celui de son propre pays, il rétorque avec force être prêt à renforcer son intervention quelles qu’en soient les répercussions sur le double plan sécuritaire et économique de son propre pays. Partant de là, de quel dialogue peut-on encore parler? A quelle combinaison gouvernementale parviendra-t-on? La brèche ouverte par le général Michel Aoun sur le chef du Courant du futur suffira-t-elle à redonner aux institutions de l’Etat leur prestige? Les découvertes de voitures piégées avant leur explosion sont-elles de nature à rassurer les Libanais? Ces derniers voient, par ailleurs, percer à l’horizon l’auto-sécurité, confiée aux miliciens, auxquels le Hezbollah a ouvert la voie dans la banlieue sud? En verra-t-on surgir un peu partout? Certes, les Libanais n’ont pas oublié ce que cela leur a coûté pendant les quinze années de la guerre. Sont-ils prêts à revenir à la guérilla civile?


 Mouna Béchara
   

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