Ibrahim Kanaan, député du Metn. Pas de feu vert régional pour le cabinet
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Nº 2917 du vendredi 4 octobre 2013

Ibrahim Kanaan, député du Metn. Pas de feu vert régional pour le cabinet

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    Ibrahim Kanaan, député du Metn. Pas de feu vert régional pour le cabinet
    «Lorsque la tendance régionale changera, tous les obstacles tomberont et on verra alors la formation d’un gouvernement», se désole Ibrahim Kanaan. Tour d’horizon avec le président de la Commission parlementaire...
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«Lorsque la tendance régionale changera, tous les obstacles tomberont et on verra alors la formation d’un gouvernement», se désole Ibrahim Kanaan. Tour d’horizon avec le président de la Commission parlementaire des Finances.
 

Le député Walid Joumblatt a renoncé à l’équation des 3x8 et pencherait pour une formule de 6+9+9. Est-ce que cela vous convient?
Tout ce débat est infructueux, avec le respect que je dois à tous. Lorsque la tendance régionale changera, tous les obstacles tomberont. Je ne vais pas revenir à l’an 2005, ni aux législatives de 2009 et à la façon dont le gouvernement a été formé… Aujourd’hui, lorsque le président Tammam Salam a été désigné, le Moustaqbal avait posé comme condition la mise à l’écart du Hezbollah. Ensuite, on a parlé d’une équipe neutre de technocrates, aujourd’hui, nous en sommes à un gouvernement politique, rassembleur, incluant le Hezbollah. Nous nous querellons sur les chiffres, le feu vert régional n’ayant pas encore été donné…

L’échéance présidentielle approche et les candidats sont légion, on peut citer le général Michel Aoun, le président Amine Gemayel, le député Sleiman Frangié, le Dr Samir Geagea et on parle aussi de la prorogation du mandat du président Michel Sleiman. Qui, selon vous, a le plus de chance d’arriver à Baabda?
Aucun de ceux que vous nommez n’a annoncé sa candidature officielle. Mais notre position de principe fondamentale, que nous avons exprimée à diverses occasions, est que nous sommes opposés à toute prorogation. Cette option n’est pas liée aux personnes. Nous sommes pour une élection présidentielle libanaise qui portera au pouvoir un homme doté d’une forte présence, capable d’améliorer le rôle de la présidence. Nous sommes régis jusqu’à nouvel ordre par un régime confessionnel. Il y a des chrétiens et des musulmans, il y a des maronites, des sunnites, des chiites, des druzes… Nous souhaitons parvenir à un régime laïque, mais l’équilibre, aujourd’hui, impose que la représentativité soit conforme à la réalité. Comment améliorer la situation des chrétiens au sein du régime? C’est ainsi que nous abordons la présidence. Ajoutez à cela les grandes options que nous soutenons dont le choix de la réforme.

Quand allez-vous mettre le point final au projet de la grille des salaires et publier votre rapport?
J’aurais souhaité que la grille ne soit pas soumise sous cette forme à l’Assemblée générale parce qu’elle est, en quelque sorte, une fuite devant les responsabilités. Si j’avais voulu, en tant que président de la Commission, m’attacher uniquement à l’aspect juridique, je l’aurais refusée. Elle ne donne aucun droit aux gens et n’assure pas de vraies sources de financement. Elle n’est appuyée ni par les instances économiques, ni par les fonctionnaires, les militaires ou les enseignants… Ils y sont tous opposés, pourquoi alors la transférer? Mais je me suis dit: je vais assumer cette responsabilité, parce que les citoyens y ont placé tous leurs espoirs. Cela fait vingt-cinq ans que les salaires n’ont pas été réévalués, faut-il laisser la situation exploser? Si la bombe sociale explose qui peut l’arrêter? C’est une vraie boule de feu qu’on nous a mise entre les mains et nous devons en faire quelque chose de positif. Un rapport va être publié. Lorsque je lis les analyses, cela me fait sourire. Qui a dit que la grille a été adoptée telle quelle? Des amendements fondamentaux y ont été apportés, allant des sources de financement, aux permis de construire, aux produits superflus, à la TVA et aux douanes… Nous avons déployé des efforts pour élargir le panier des recettes via les taxes en veillant à ce que celles-ci touchent la catégorie aisée.

Comment remédier au problème des déplacés syriens? Le ministre Waël Abou Faour a été catégorique: pas de fermeture de la frontière...
Toute personne qui reconnaît l’existence d’un problème et qui ne veut pas fermer la frontière couvre un crime envers le Liban. Je ne parle pas de Waël Abou Faour. Je veux parler de l’axe politique et des parties qui pratiquent la politique de l’autruche et lancent des accusations fantaisistes contre celui qui met en garde. C’est un crime que de faire assumer ce poids au Liban dont l’existence même est menacée. Que celui qui ne veut pas verrouiller la frontière, propose une autre solution! Mais si un règlement de substitut n’existe pas, non seulement nous voulons cadenasser la frontière, mais nous voulons que les réfugiés soient rapatriés. Que la communauté internationale assume ses responsabilités! La guerre en Syrie est internationale, ce n’est pas une guerre civile. Sinon, pourquoi lorsque Kerry et Lavrov s’entendent, la guerre prend fin? Pourquoi ce petit Etat qu’est le Liban doit-il payer le prix de cette guerre?

Propos recueillis par Saad Elias

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Éditorial
Triste Liban

Le Liban est une terre d’accueil, nous a-t-on toujours dit. Un refuge pour les persécutés, les faibles, les opprimés et les démunis. Un abri pour les groupes assujettis et les minorités dépouillées et martyrisées. Ses montagnes et ses plaines ont de tout temps reçu les communautés tourmentées, fuyant la tyrannie, le despotisme et l’obscurantisme. Ses grottes ont offert un toit et des murs protecteurs aux déracinés. Ici, ils ont retrouvé la sécurité et la quiétude, ils ont échappé à l’extermination et à la destruction. Non seulement ils ont survécu à l’anéantissement, mais ils ont commencé une nouvelle vie, sans être contraints d’abandonner leurs croyances pour embrasser celles des conquérants et des envahisseurs. Ils ont renoué avec l’aisance et connu la prospérité. C’était vrai il y a des siècles et ça l’est toujours aujourd’hui. Le Liban n’a-t-il pas ouvert ses portes aux Palestiniens chassés de leurs terres par les sionistes, au milieu du XXe siècle? N’a-t-il pas fait une place, sur son petit territoire, à des centaines de milliers de déplacés syriens, au XXIe siècle? Le Premier ministre, Najib Mikati, l’a une nouvelle fois martelé, mardi: le pays ne fermera jamais ses frontières devant les réfugiés, bien que le point de saturation ait déjà été atteint il y a des mois, comme l’a souligné le président de la République, Michel Sleiman. Lorsque l’on grandit avec de telles idées, profondément ancrées, on ne peut qu’être stupéfaits, abasourdis par les images de la tragédie des émigrés clandestins avalés par la mer au large de l’Indonésie. Est-ce concevable que des hommes, des femmes et des enfants, qui ont eu l’immense privilège de naître et de vivre sur LA terre d’accueil, puissent envisager de l’abandonner pour d’autres cieux, au risque d’y laisser leur vie? Les images sont certainement truquées, le drame s’est sûrement produit sur une autre planète ou à une autre époque. Les corps affreusement gonflés, dévorés par les poissons, rejetés par les vagues, sont, malheureusement, bien de chez nous. Ils nous ont ramenés à l’effrayante réalité. Le pays-message, la patrie-vocation, celle qui a donné au monde des Gebran Khalil Gebran, Amine Rihani, Carlos Slim, Amin Maalouf et autres Helen Thomas, peut aussi exporter des boat people. Fallait-il attendre cette tragédie pour découvrir l’autre facette du Liban, celle que nous aurions souhaité ignorer, que nous faisions semblant de ne pas voir? Le Liban des privations, de l’insuffisance, de l’indigence, des pénuries, des carences, des déficiences. Une terre avare, incapable de nourrir ses hommes, inhospitalière. Mais si le Liban est tellement insupportable et invivable, pourquoi a-t-il attiré, au fil des siècles, tant de gens? Pourquoi continue-t-il, aujourd’hui, à en appeler des millions? Le Liban sera ce que les Libanais voudront bien en faire. S’ils le maltraitent, l’humilient, l’offensent, il le leur rendra au centuple. Si, au contraire, ils le respectent, le chérissent et l’aiment, il en fera de même. Ce n’est pas un homme, ni même mille, qui décideront, au nom de considérations humanitaires étonnamment exacerbées, de le transformer en immense camp de réfugiés. A ceux qui sont censés veiller aux destinées du pays, et qui, par excès de zèle - ou par irresponsabilité -, jurent qu’ils ne fermeront jamais les frontières devant un réfugié, nous leur demandons tout simplement de ne pas être plus royalistes que le roi. Il leur suffit de copier ceux pour qui ils se sont métamorphosés en grands humanistes: les réfugiés s’appelleront désormais les «gens du voyage». Ils ne seront pas expulsés mais seulement «reconduits» aux frontières. A ceux qui vont chercher emploi et sécurité au-delà des océans, nous disons que le Liban, reste, malgré toutes les vicissitudes, une terre plus clémente que beaucoup d’autres. Il suffit de l’aimer.  


 Paul Khalifeh
   

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