Le catering sauce féminine. Du fait maison dans nos assiettes
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Nº 3102 du vendredi 7 juin 2019

Le catering sauce féminine. Du fait maison dans nos assiettes

 
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Ces femmes mettent leurs talents culinaires à profit en confectionnant des mets de leurs propres cuisines. Le catering sauce féminine est en plein essor et réinterprète le traditionnel traiteur pour offrir des repas à l’indétrônable saveur du «fait maison».
 

Le traiteur aujourd’hui se démocratise et se modernise pour proposer, livrés à domicile, des plats cuisinés sains et de qualité, en opposition aux plats industriels trouvés dans les supermarchés. Ce service intéresse aussi bien les particuliers ne souhaitant pas passer derrière les fourneaux, par manque de temps ou d’appétence, que les organisateurs d’événements spéciaux. Tous conscients qu’une bonne nourriture est le gage premier de la réussite d’un dîner ou d’une réception. Avec la mode du «fait maison» adoptée par les restaurants ces dernières années, la cuisine familiale retrouve ses lettres de noblesse et se révèle être un terrain de jeu pour l’imaginaire créatif de tout cuisinier. Meilleures ambassadrices de cette cuisine, de plus en plus de femmes proposent de cuisiner pour les autres en créant leur propre concept de restauration. En rendant accessible à tous la générosité de leur coup de fouet, elles partagent hors de leur cercle familial et amical, le petit supplément d’âme d’une cuisine «faite avec amour» avec laquelle nul ne peut rivaliser. Reconversion ou activité parallèle, leur catering est une véritable petite entreprise dont le succès ne se dément pas. Rencontre avec deux d’entre elles qui nous ont ouvert les portes de leurs maisons et ateliers pour nous parler de cette activité à l’importante dimension sociale.

Épanouissement personnel
Dani Helou, exerce le catering en parallèle de sa vie professionnelle dans le management chez Murex Systems. Avec Clou de girofle, elle prépare à partir de chez elle à Louaizé des spécialités qui font son identité: kebbés revisités, maamouls, kaak al-abbas et autres plats traditionnels aussi bien sucrés que salés, sauce Liban avec toujours des produits made in Levant. Huile d’olive, zaatar, miel de Jezzine, feuilles de vignes de Zahlé, fleur de sel d’Enfé, agrumes de Saïda; safran, curcuma, cardamome et tant d’autres épices d’Arabie saoudite. Dani adapte ses spécialités aux célébrations religieuses pratiquées au Liban comme Noël, Pâques, le Ramadan ou encore Achoura. Son attrait pour la cuisine, elle le tient de sa propre maman, nous confie-t-elle. Sa mère chez qui elle a puisé toute sa base culinaire, à laquelle elle apporte sa touche de modernité. Après avoir concocté de nombreux dîners entre amis et maints anniversaires pour ses enfants, elle décide, il y a deux ans, de créer sa propre structure pour élargir la cible des personnes pour lesquelles cuisiner. Ainsi, on fait appel à elle pour des menus enracinés mais relevés d’une bonne dose d’originalité, sé-duisant aussi bien les dîners des particuliers que les réceptions de plus grande envergure.



Entre international et local
Passionnée de cuisine depuis son plus jeune âge, Nicole Gibeily décide, il y a 25 ans, de se former et se forger en la matière en s’initiant auprès de nombreux chefs, au Liban comme ailleurs. Ce qu’elle a appris aux côtés des plus grands, elle le transmet rapidement en donnant elle-même des cours de pratique. Des ateliers dispensés à l’origine pour ses amies qui se sont développés pour compter aujourd’hui une quinzaine de femmes de tout âge lors de chaque séance, à raison de trois fois par semaine, d’octobre à mai. Il y a trois ans, avec l’encouragement de ses proches, elle ouvre sa propre structure de catering à Beit el-Chaar, d’où elle concocte des plats modernes avec une technique toujours actualisée et une grande audace dans les saveurs proposées. Chaque jour de la semaine, elle confectionne aussi des salades santé originales pour une entreprise de nutrition qui livre des repas sains à domicile. Comme Dani, elle est seule derrière son service traiteur et supervise des tablées de l’apéritif au dessert, allant jusqu’à 40 personnes. En assurant la livraison et le service sur place, elle veille à l’esthétique visuelle de ses assiettes jusqu’à leur arrivée sur la table, la présentation détenant une place primordiale dans son travail. À travers une cuisine festive, Nicole fusionne des spécialités du monde entier - italienne, française, asiatique, etc. avec des produits locaux. «Le Liban a des ingrédients magnifiques, rien ne vaut le goût authentique du terroir», nous confie-t-elle. Ainsi, elle n’hésite pas à revisiter un carré d’agneau avec de la truffe noire, des grenades et des pistaches, un osmalieh avec du saumon, un couscous avec du halloum ou encore des cheesecakes avec du amareddine ou du natef… Un large éventail de propositions sans cesse renouvelé: à chaque saison, sa nouvelle collection, ses couleurs et ses saveurs. La cuisine est une source inépuisable d’innovation qu’elle envisage comme un art qui rapproche le tout à chacun et qui abaisse les frontières de l’altérité au profit d’un bon moment partagé.

Noémie de Bellaigue
 

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Éditorial
L’inacceptable dictaturedes agences de notation

Le gouvernement avait à peine approuvé le projet de budget 2019 que l’agence de notation internationale Standard & Poor’s (S&P) se fendait d’un commentaire négatif, expédié sous forme de mail. Signé par Zahabia Salim Gupta, analyste chargée du Liban à S&P, le communiqué estime que l’objectif de réduction de déficit public annoncé par le gouvernement libanais pourrait ne pas suffire à redonner confiance aux investisseurs. «Nous estimons que le déficit atteindra environ 10% du PIB en 2019 (…) En l’absence de mesures substantielles pour augmenter les recettes de l’État et réduire ses dépenses, nous tablons sur une augmentation du ratio dette/PIB, qui atteindra un seuil de 160% en 2022», a notamment affirmé Zahabia Salim Gupta.Ce jugement précipité – de l’avis des plus éminents experts économiques libanais – qui donne un mauvais signal à la communauté des affaires, aux investisseurs et aux citoyens libanais, suscite de nombreuses interrogations de par son timing et ses objectifs réels. Pour quelqu’un qui brandit l’argument de la «confiance», Mme Gupta n’a pas l’air très soucieuse d’aider à la rétablir. Sauf si son véritable but est justement de procéder à un travail de sape de ce qu’il reste de confiance dans l’économie libanaise et dans sa capacité à se redresser.En lisant ces lignes, certains nous accuseront de voir des complots partout. Libre à eux de se complaire dans leur naïveté et de continuer à prendre pour parole d’Evangile ce qui est émis par ces sacro-saintes institutions internationales. Libre à eux, aussi, de ne pas douter des compétences de ces experts et de refuser de leur attribuer des intentions douteuses.Pour notre part, nous gardons en mémoire les graves dysfonctionnements des agences de notations qui se sont lourdement trompées à plusieurs reprises ou qui ont failli au rôle de régulateur qui leur a été conféré, sans qu’elles ne le méritent réellement.L’incapacité des grandes agences à anticiper la crise des subprimes aux Etats-Unis, en 2007-2008, a soulevé de nombreuses interrogations non seulement quant à leurs réelles compétences et à leur efficacité mais aussi au sujet de leur code d’éthique et de leur échelle de valeur. Ceux-ci semblent essentiellement guidés par la profitabilité.Concernant Standard & Poor’s, nous rappelons à ceux qui s’émerveillent devant ses jugements, que cette agence, comme toutes les autres d’ailleurs, collectionnent les prestations douteuses. L’agence a été publiquement sanctionnée en juin 2014 par l’Autorité européenne de surveillance des agences de notation pour avoir «par erreur» annoncé une dégradation de la note de la France en 2011.En 2015, la Securities and Exchange Commission (SEC) aux Etats-Unis a décidé de bannir pour un an Standard & Poor’s de l’un des marchés d’émission de dette les plus lucratifs, celui de l’immobilier commercial. Cette sanction, assortie d’une amende de 60 millions de dollars, a été prise car S&P a émis des notes trop complaisantes sur des obligations intégrant des prêts hypothécaires subprimes ayant alimenté la crise financière.Même le Sénat américain avait révélé dans un rapport que Moody’s et Standard & Poor’s avaient eu des comportements éthiques discutables et condamnables.La liste des couacs est longue mais nous en resterons là. Nous préférons accorder la primauté aux experts libanais, reconnus dans le monde entier pour leurs compétences, plutôt qu’à des «analystes» aux sombres desseins. Ce sont les Libanais que nous écouterons. Qui a dit que nul n’est prophète en son pays?  


 Paul Khalifeh
   

Santé

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