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Nº 3102 du vendredi 7 juin 2019

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Le Golf Club fuit le fisc
Le Golf Club n’a pas payé ses taxes municipales depuis 2017. La municipalité de Ghobeiry a saisi le parquet et a accusé le Golf Club de «fraude fiscale, d’enrichissement illégal et d’atteinte grave aux fonds publics». Selon certaines sources, le club doit à la municipalité de Ghobeiry près de 309 600 000 L.L. pour 2017, 305 400 000 L.L. pour 2018 et 300 millions de livres pour 2019. Dans sa plainte devant le parquet, la municipalité a réitéré son accusation faisant état de la mainmise du Golf Club sur un terrain d’une superficie de 61 000 m2 appartenant au bien-fonds 3908 à Chiyah en plus de l’empiètement sur une partie des terrains relevant des biens-fonds consacrés à l’armée libanaise où se trouve l’une de ses casernes. Dans ce cadre, le Golf Club se serait accaparé de 58 000 m2 d’un terrain sur lequel il aurait construit une piscine et d’autres annexes. 

Crédit logement La Banque de l’Habitat ouvre les vannes
Le Fonds arabe de développement économique et social (AFESD) basé au Koweït a accordé à la Banque de l’Habitat un prêt de 165 millions $ sur une période de 30 ans à un taux annuel de 2,5%. Cet argent sera utilisé pour l’octroi d’environ 1 000 prêts-logements libellés en livres libanaises à un taux d’intérêt annuel de 5,5%. Cette initiative de la Banque de l’Habitat permettra d’alléger le ralentissement de l’activité dans le domaine de l’immobilier. Soulignons que les demandes de prêts logement sont présentées au siège de la Banque de l’Habitat, qui s’en occupe directement.      


500 millions $ pour les prêts
Le total des montants alloués aux prêts logement s’est élevé en 2019 à près 500 millions $ si l’on compte l’avance de 162 millions $ accordés par le Fonds arabe du développement économique et social à la Banque de l’habitat, l’avance de 220 millions $ de prêts subventionnés par la BDL et 100 millions $ pour les Libanais de l’étranger.


Logement à bas et moyen prix
La demande dépasse l’offre

La demande sur des logements à bas et moyen prix s’élèverait à 41 500 alors que l’offre n’est que de 29 500 sur cette catégorie. Ce dernier chiffre est en grande partie dû à l’évacuation d’unités de logement suite à la nouvelle loi sur le loyer, selon une étude présentée par le Conseil économique et social.


L’état responsable d’assurer un logement décent
La législation consacre le droit de chaque citoyen à avoir un logement décent selon ses propres moyens. La loi sur l’habitat promulguée en 1962 et amendée en 1965 stipule que l’Etat a l’obligation d’aider les Libanais à bas ou moyen revenu à trouver un logement décent, que ce soit en ville ou en montagne. Le logement décent ne signifie pas l’acquisition d’un terrain ou la construction d’une maison mais il englobe toutes les alternatives adéquates. Ceci signifie l’adoption par l’Etat de toutes les mesures pour éviter que le citoyen ne se retrouve dans la rue, l’interdiction des évacuations par la force d’un logement et de toute discrimination.  

 

 

 


24 millions de m2 acquis par des étrangers
L’acquisition de biens-fonds non bâtis par des ressortissants étrangers revient sur le tapis. Des voix s’élèvent dénonçant le non-respect de l’article 11 de la loi sur l’acquisition de terrains non bâtis par des non Libanais. Les dispositions de cet article stipulent que tout étranger qui s’approprie une parcelle de terrain doit dans les cinq années à venir passer à l’exécution du projet pour lequel il a effectué l’acquisition. Or, il existe aujourd’hui près de 24 millions m2 de terres vendues à des étrangers non utilisées.

 

Liliane Mokbel

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Éditorial
L’inacceptable dictaturedes agences de notation

Le gouvernement avait à peine approuvé le projet de budget 2019 que l’agence de notation internationale Standard & Poor’s (S&P) se fendait d’un commentaire négatif, expédié sous forme de mail. Signé par Zahabia Salim Gupta, analyste chargée du Liban à S&P, le communiqué estime que l’objectif de réduction de déficit public annoncé par le gouvernement libanais pourrait ne pas suffire à redonner confiance aux investisseurs. «Nous estimons que le déficit atteindra environ 10% du PIB en 2019 (…) En l’absence de mesures substantielles pour augmenter les recettes de l’État et réduire ses dépenses, nous tablons sur une augmentation du ratio dette/PIB, qui atteindra un seuil de 160% en 2022», a notamment affirmé Zahabia Salim Gupta.Ce jugement précipité – de l’avis des plus éminents experts économiques libanais – qui donne un mauvais signal à la communauté des affaires, aux investisseurs et aux citoyens libanais, suscite de nombreuses interrogations de par son timing et ses objectifs réels. Pour quelqu’un qui brandit l’argument de la «confiance», Mme Gupta n’a pas l’air très soucieuse d’aider à la rétablir. Sauf si son véritable but est justement de procéder à un travail de sape de ce qu’il reste de confiance dans l’économie libanaise et dans sa capacité à se redresser.En lisant ces lignes, certains nous accuseront de voir des complots partout. Libre à eux de se complaire dans leur naïveté et de continuer à prendre pour parole d’Evangile ce qui est émis par ces sacro-saintes institutions internationales. Libre à eux, aussi, de ne pas douter des compétences de ces experts et de refuser de leur attribuer des intentions douteuses.Pour notre part, nous gardons en mémoire les graves dysfonctionnements des agences de notations qui se sont lourdement trompées à plusieurs reprises ou qui ont failli au rôle de régulateur qui leur a été conféré, sans qu’elles ne le méritent réellement.L’incapacité des grandes agences à anticiper la crise des subprimes aux Etats-Unis, en 2007-2008, a soulevé de nombreuses interrogations non seulement quant à leurs réelles compétences et à leur efficacité mais aussi au sujet de leur code d’éthique et de leur échelle de valeur. Ceux-ci semblent essentiellement guidés par la profitabilité.Concernant Standard & Poor’s, nous rappelons à ceux qui s’émerveillent devant ses jugements, que cette agence, comme toutes les autres d’ailleurs, collectionnent les prestations douteuses. L’agence a été publiquement sanctionnée en juin 2014 par l’Autorité européenne de surveillance des agences de notation pour avoir «par erreur» annoncé une dégradation de la note de la France en 2011.En 2015, la Securities and Exchange Commission (SEC) aux Etats-Unis a décidé de bannir pour un an Standard & Poor’s de l’un des marchés d’émission de dette les plus lucratifs, celui de l’immobilier commercial. Cette sanction, assortie d’une amende de 60 millions de dollars, a été prise car S&P a émis des notes trop complaisantes sur des obligations intégrant des prêts hypothécaires subprimes ayant alimenté la crise financière.Même le Sénat américain avait révélé dans un rapport que Moody’s et Standard & Poor’s avaient eu des comportements éthiques discutables et condamnables.La liste des couacs est longue mais nous en resterons là. Nous préférons accorder la primauté aux experts libanais, reconnus dans le monde entier pour leurs compétences, plutôt qu’à des «analystes» aux sombres desseins. Ce sont les Libanais que nous écouterons. Qui a dit que nul n’est prophète en son pays?  


 Paul Khalifeh
   

Santé

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